Face aux accusations récurrentes du journaliste Madiambal Diagne visant Ousmane Sonko, le Réseau des lanceurs d’alerte réclame des explications et une clarification des faits. L’organisation estime que la gravité des allégations impose des vérifications sérieuses, loin des controverses partisanes.
Le débat autour des accusations formulées par le journaliste Madiambal Diagne à l’encontre d’Ousmane Sonko prend une nouvelle tournure. Dans un communiqué rendu public, le Réseau des lanceurs d’alerte appelle à faire toute la lumière sur les différents dossiers évoqués et interpelle directement le Premier ministre, ses avocats ainsi que ses défenseurs. Selon le quotidien Le Témoin qui livre l’info, l’organisation refuse que ces questions soient reléguées au second plan au profit des affrontements politiques.
À l’origine de cette nouvelle interpellation figurent notamment les dernières révélations du journaliste concernant une perquisition qui aurait été effectuée à l’appartement d’Ousmane Sonko, situé à la cité Senegindia, à Yoff. D’importantes sommes d’argent en francs CFA, en euros et en dollars auraient été saisies puis placées sous scellés. Madiambal Diagne établit également un lien temporel entre cette opération présumée et le démantèlement d’un réseau de renseignements à Sébikotane. Des faits qui, à ce stade, relèvent des informations rapportées par le journaliste et dont la clarification est réclamée par le Réseau.
Une succession d’allégations depuis 2024
L’organisation inscrit ces nouvelles accusations dans une série de dossiers évoqués par Madiambal Diagne depuis 2024. Parmi eux figurent les circonstances de certaines démarches diplomatiques attribuées à Ousmane Sonko, un emprunt annoncé de 650 millions d’euros et des opérations de Total Return Swaps, dont les conditions auraient soulevé des interrogations sur une opération financière de l’État du Sénégal.
Le journaliste aurait également fait état d’une rencontre présumée entre Sonko et le juge Cheikh Ndiaye à Toubab Dialaw. Cette rencontre est évoquée en lien avec une décision du Conseil constitutionnel portant sur un recours relatif à la réintégration de Sonko à l’Assemblée nationale, alors que le magistrat concerné n’aurait pas pris part à cette décision.
D’autres dossiers sont cités, notamment un contrat au Port autonome de Dakar, l’affaire Cosmos et des soupçons concernant des mouvements de fonds impliquant les avocats Ciré Clédor Ly, Bamba Cissé et Demba Ciré Bathily. L’affaire dite des « 6 milliards des Indiens » figure également parmi les révélations attribuées au journaliste.
« La justice ne peut être sélective »
Pour le Réseau des lanceurs d’alerte, l’accumulation de ces accusations justifie des réponses précises et des vérifications indépendantes. L’organisation estime que les faits allégués ne doivent être ni ignorés ni instrumentalisés dans les confrontations politiques. « Lorsque des accusations aussi graves sont formulées publiquement, les citoyens sont en droit d’attendre des réponses précises, des vérifications sérieuses et, si nécessaire, l’ouverture de procédures par les autorités compétentes », souligne le communiqué.
L’interpellation s’adresse aussi bien à Ousmane Sonko qu’à ses avocats et à ses soutiens. Le Réseau souhaite savoir quelles réponses ont été apportées aux différentes accusations, quelles démarches ont été engagées pour les démentir ou les éclaircir et pourquoi les faits évoqués ne feraient pas l’objet du même examen que ceux reprochés à d’autres citoyens.
L’organisation insiste sur le principe d’égalité devant la justice. « La justice ne peut être sélective », martèle-t-elle, estimant que ni le statut, ni l’influence, ni les responsabilités politiques ne sauraient justifier une quelconque immunité de fait.
Le Réseau des lanceurs d’alerte annonce enfin son intention de suivre l’évolution des différents dossiers, de documenter les éléments disponibles et de saisir les instances compétentes lorsque les faits le justifieront. Son exigence, résume-t-il, est celle de la vérité, de la transparence et de la redevabilité. Une manière de rappeler que les accusations publiques, aussi sensibles soient-elles, appellent des clarifications rigoureuses, sans préjuger de la culpabilité des personnes mises en cause.

