DPG : Le Sénégal N’a Pas Besoin D’un Nouveau Catalogue De Promesses Moussa Niang Guem Sa Bopp

La Déclaration de politique générale aligne de grandes orientations : Sénégal 2050, transformation structurelle, assainissement des finances publiques et maîtrise de la dette. Mais une question essentielle reste posée : que propose-t-elle concrètement aux Sénégalais confrontés aujourd’hui à la cherté de la vie, au chômage et à la précarité ?

 

Le Gouvernement raisonne beaucoup sur le long terme alors que les urgences sont immédiates. Les familles ont besoin de pouvoir d’achat, les jeunes d’emplois et les entreprises de conditions leur permettant de survivre et d’investir.

 

On ne peut pas demander aux Sénégalais d’attendre 2050 pour voir les premiers effets des politiques annoncées.

 

La rigueur budgétaire est nécessaire, mais elle ne doit pas peser davantage sur les ménages et les entreprises. La consolidation des finances publiques doit aller de pair avec une relance de la production nationale, du secteur privé et de la demande intérieure.

 

L’autre faiblesse de la DPG concerne son exécution. Quels objectifs chiffrés ? Quels délais ? Quels moyens ? Quels responsables ? Sans réponses précises, le risque est de multiplier les programmes sans garantir leur réalisation.

 

Nous proposons donc un plan d’urgence de 100 à 180 jours centré sur trois priorités : pouvoir d’achat, emploi et soutien aux PME. Il faut agir sur les produits essentiels, faciliter l’accès au financement et donner aux entreprises nationales une place plus importante dans la commande publique, notamment dans l’agriculture, l’agro-industrie, le numérique et le BTP.

 

La gestion publique doit également devenir plus transparente. Un tableau de bord trimestriel devrait permettre de suivre chaque engagement : coût, financement, délai, niveau d’exécution et résultat.

 

Le Sénégal ne sortira pas durablement de ses difficultés par la seule gestion de la dette. Il doit produire davantage, élargir ses recettes fiscales, développer ses entreprises et créer des emplois.

 

Car le risque est aussi social. Une jeunesse sans perspectives et des familles durablement fragilisées peuvent rapidement perdre confiance dans l’avenir du pays.

 

C’est pourquoi l’opposition doit poser la question que le Gouvernement ne peut éviter : quel est le plan concret pour le Sénégal des prochains mois ?

 

Nous ne rejetons ni la réforme ni la discipline budgétaire. Nous demandons que l’effort soit accompagné de mesures immédiates et mesurables.

 

La DPG doit maintenant sortir du discours pour entrer dans les faits. Les Sénégalais jugeront le Gouvernement sur ce qu’ils verront dans leur quotidien.

 

Moussa Niang

Délégué National à la Vie Politique de Guem Sa Bopp

Dieyna SENE
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