Le Collectif Citoyen des Usagers des Aménagements Publics et Privés (CCUAPP) s’est alarmé des statistiques officielles faisant état d’un taux de 47,71 % de camions en surcharge parmi les véhicules contrôlés en avril 2026. L’organisation estime que cette situation constitue un enjeu majeur de sécurité publique et appelle à un renforcement des mesures de contrôle et des sanctions.
Le Collectif a exprimé sa vive inquiétude face aux derniers chiffres publiés sur le contrôle des charges à l’essieu au Sénégal. Dans une déclaration rendue publique jeudi, l’organisation souligne que près d’un camion sur deux contrôlé en avril 2026 circulait en infraction pour surcharge.
Selon le CCUAPP, les 47,71 % de véhicules en infraction recensés sur 148 885 camions inspectés traduisent une situation qui dépasse le simple non-respect de la réglementation et constitue désormais un véritable problème de sécurité publique.
Le collectif rappelle que les camions en surcharge augmentent les risques d’accidents en raison de distances de freinage plus longues, de défaillances mécaniques et de risques de renversement. Ils accélèrent également la dégradation des infrastructures routières et des ouvrages publics, entraînant des coûts supplémentaires pour les finances publiques.
Tout en saluant les efforts consentis par l’État pour renforcer les contrôles routiers, le CCUAPP estime que les résultats actuels montrent les limites du dispositif mis en place depuis plusieurs années. Il s’interroge notamment sur les raisons pour lesquelles une proportion aussi importante de véhicules continue d’échapper au respect des normes communautaires.
Face à cette situation, le collectif réclame l’application rigoureuse du règlement de l’UEMOA sur les charges à l’essieu, un durcissement des sanctions contre les contrevenants récidivistes, l’immobilisation des véhicules présentant des surcharges dangereuses, un contrôle accru des modifications techniques non homologuées et une publication régulière des statistiques de contrôle afin de garantir davantage de transparence.
L’organisation plaide également pour l’ouverture d’un cadre permanent de concertation réunissant pouvoirs publics, transporteurs, collectivités territoriales et société civile afin de trouver des solutions durables.
Par ailleurs, le CCUAPP attire l’attention des autorités sur la surcharge de bagages transportés par certaines motos « tiak-tiak », estimant que ces pratiques, parfois tolérées selon le collectif, représentent elles aussi un danger important pour les usagers de la route.
Réaffirmant que « la sécurité routière n’est pas négociable », le collectif appelle l’ensemble des acteurs à faire de la lutte contre la surcharge un axe prioritaire de protection des vies humaines, des infrastructures publiques et des finances de l’État.

