Une enquête de la Division de la Surveillance et du Contrôle (DSC) a mis au jour un présumé système de détournement de fonds et d’extorsion visant les aides destinées aux ménages touchés par les inondations de 2025. Selon les informations publiées par le quotidien Libération, plusieurs responsables du Projet d’appui à la protection sociale adaptative (PASPA) ont été placés en garde à vue.
Une affaire de présumée fraude d’une ampleur exceptionnelle secoue le dispositif d’assistance financière mis en place au profit des victimes des inondations de 2025. Selon les révélations du quotidien Libération, les enquêteurs de la Division de la Surveillance et du Contrôle (DSC) ont démantelé un réseau soupçonné d’avoir détourné des fonds publics tout en extorquant une partie des aides destinées aux sinistrés.
D’après Libération, l’enquête, ouverte en février 2026, porte sur les paiements effectués par le Fonds de solidarité nationale (FSN) dans le cadre du Projet d’appui à la protection sociale adaptative (PASPA). Les investigations ont conduit au placement en garde à vue de Birane Guèye, coordonnateur du PASPA et du projet « Yokk Kom Kom » pour les régions de Dakar et Thiès, également gérant de l’entreprise Birane Guèye & Associés.
Quatre superviseurs – Khady Faye, Sophie Sylla, Fatimata Samba Diouf et Malick Diouf – figurent également parmi les personnes interpellées. Elles sont poursuivies, avec le coordonnateur, pour détournement de deniers publics, extorsion de fonds, faux et usage de faux, association de malfaiteurs, tandis que Birane Guèye est également visé pour abus de fonction.
Les enquêteurs soupçonnent le groupe d’avoir mis en place un double mécanisme frauduleux. D’une part, des bénéficiaires fictifs auraient été intégrés aux listes des sinistrés afin de percevoir indûment les allocations. D’autre part, des bénéficiaires réels auraient été contraints de reverser une partie importante des sommes reçues sous la menace ou par diverses formes de pression.
Les premiers éléments de l’enquête font état de centaines de victimes. Selon les chiffres rapportés par Libération, 573 ménages auraient été concernés à Keur Massar, 562 à Pikine et plus de 200 dans le département de Dakar. Les montants extorqués variaient généralement entre 100 000 et 200 000 francs CFA par bénéficiaire.
Les témoignages recueillis illustrent l’ampleur du préjudice. Une bénéficiaire domiciliée à Malika affirme avoir reçu une aide de 200 000 francs CFA avant d’être contrainte d’en restituer immédiatement 175 000, ne conservant que 25 000 francs. D’autres victimes déclarent avoir perdu l’essentiel de leur allocation, pourtant destinée à faire face aux conséquences des inondations.
Les enquêteurs soupçonnent également les superviseurs de collecter les sommes extorquées avant d’en reverser la majeure partie au coordonnateur présumé du réseau, tout en conservant des commissions personnelles pouvant atteindre plusieurs centaines de milliers de francs CFA.
Comme le souligne une nouvelle fois le quotidien Libération, cette affaire pourrait révéler l’existence d’un système organisé ayant porté gravement atteinte à un programme social destiné aux populations les plus vulnérables. L’enquête se poursuit afin d’établir l’étendue exacte du préjudice financier et d’identifier d’éventuels autres complices.

