L’Institut Pasteur de Dakar (IPD) a annoncé le séquençage des 40 premiers génomes humains entiers réalisés au Sénégal. Cette avancée scientifique majeure s’accompagne du lancement d’une plateforme de génomique clinique destinée notamment à améliorer la détection précoce du cancer du sein et d’autres maladies héréditaires.
Le Sénégal franchit une étape importante dans le domaine de la santé de précision. L’Institut Pasteur de Dakar vient de réaliser le séquençage des 40 premiers génomes humains entiers du pays grâce à l’utilisation combinée des technologies Illumina NovaSeq et Oxford Nanopore Technologies.
Cette performance place le Sénégal parmi les pays africains qui développent les capacités de génomique avancée pour soutenir la recherche biomédicale et améliorer les systèmes de santé.
L’initiative s’appuie sur l’expertise acquise par l’IPD dans la génomique des agents pathogènes, la bioinformatique et les diagnostics biomédicaux. Elle ouvre la voie à une meilleure compréhension des maladies et à la mise en place de traitements davantage adaptés aux caractéristiques génétiques des patients.
L’Institut a également annoncé le lancement d’un laboratoire clinique et d’une plateforme bioinformatique destinés à détecter précocement les prédispositions génétiques au cancer du sein ainsi qu’à d’autres maladies héréditaires rares.
Cette nouvelle infrastructure devrait contribuer au développement de la médecine de précision au Sénégal et favoriser un diagnostic plus précoce des cancers, améliorant ainsi les chances de prise en charge des patients.
L’IPD entend également renforcer ses travaux de recherche grâce à un programme multidisciplinaire associant génomique, maladies infectieuses et facteurs environnementaux afin de mieux comprendre l’augmentation de la charge du cancer en Afrique.
Au-delà de la recherche, l’institution poursuit son engagement communautaire. En partenariat avec la Ligue Sénégalaise contre le Cancer (LISCA) et les autorités sanitaires, elle a déjà soutenu plusieurs campagnes de dépistage du cancer du col de l’utérus et de sensibilisation à la vaccination contre le papillomavirus humain (VPH).
Pour le Dr Socé Fall, cette réalisation illustre la contribution des institutions africaines à la souveraineté sanitaire du continent et à l’essor de la médecine génomique.
Le chercheur Moussa Moïse Diagne souligne que cette plateforme permettra de transformer les capacités de détection et de compréhension des maladies au Sénégal.
Présentée comme l’une des premières initiatives africaines utilisant à grande échelle une double technologie de séquençage pour les génomes humains entiers, cette avancée ouvre des perspectives prometteuses pour la recherche biomédicale, la prévention des cancers et l’amélioration durable de la santé publique au Sénégal et dans la sous-région.

