Une ressortissante sierra-léonaise, identifiée comme Isatu Fofana alias Joelle, a été interpellée à Ziguinchor dans le cadre d’une enquête portant sur des faits présumés de traite de personnes et d’exploitation sexuelle. Elle a été déférée au parquet.
Une enquête de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNLT) a conduit à l’interpellation d’une ressortissante sierra-léonaise à Ziguinchor. Selon Libération, Isatu Fofana alias Joelle a été déférée au parquet pour association de malfaiteurs, proxénétisme, extorsion de fonds, traite de personnes à des fins d’exploitation sexuelle ainsi que faux et usage de faux en documents administratifs.
L’enquête aurait débuté à la suite d’un renseignement faisant état de faits présumés de traite de personnes impliquant la mise en cause. Les investigations ont permis de la localiser dans un appartement du quartier Castors, où elle se trouvait avec six jeunes filles sierra-léonaises âgées de 16 à 23 ans.
Entendues séparément, ces dernières auraient déclaré avoir été recrutées et hébergées sous le prétexte d’un emploi légal avant d’être contraintes, selon leurs témoignages, à se prostituer. Elles auraient également fait état d’une dette de deux millions de francs CFA qui leur aurait été imposée, tandis que les recettes issues de leurs activités étaient récupérées quotidiennement par les recruteuses.
Les jeunes filles ont par ailleurs dénoncé la confiscation de leurs documents administratifs et de leurs téléphones ainsi que des restrictions de leurs contacts avec l’extérieur. Certaines auraient également subi des privations et des maltraitances lorsqu’elles refusaient de se prostituer.
Interrogée par les enquêteurs, Isatu Fofana aurait reconnu plusieurs éléments correspondant aux déclarations recueillies et affirmé appartenir à un réseau transnational opérant entre la Sierra Leone, la Guinée-Bissau et le Sénégal. L’exploitation de son téléphone aurait également permis aux enquêteurs de relever plusieurs reçus de transferts d’argent. D’après Libération, la mise en cause aurait expliqué que ces sommes provenaient des revenus générés par les activités sexuelles imposées aux jeunes filles.
L’affaire reste désormais entre les mains de la justice, qui devra établir les responsabilités des différentes personnes susceptibles d’être impliquées dans ce réseau présumé.

