Grâce à une opération d’infiltration menée aux Almadies, les enquêteurs de la Division des investigations criminelles (DIC) ont démantelé un réseau présumé spécialisé dans le trafic de protoxyde d’azote, plus connu sous l’appellation de « ballon ». Quatre individus ont été arrêtés et d’importantes quantités de produits ainsi que de la MDMA ont été saisies au terme d’une enquête minutieuse.
Les services de la Division des investigations criminelles (DIC) poursuivent leur offensive contre les nouvelles formes de trafic de stupéfiants et de substances détournées de leur usage. Cette fois-ci, les enquêteurs ont mis fin aux activités présumées d’un réseau spécialisé dans la commercialisation illicite de protoxyde d’azote, communément appelé « ballon », un gaz de plus en plus utilisé à des fins récréatives.
Selon les informations publiées par le quotidien Libération, l’opération est partie d’un renseignement faisant état de l’existence d’un réseau particulièrement actif dans le quartier des Almadies. Les éléments du Groupe de recherche et d’interpellation (GRI) de la DIC ont alors mis en place une stratégie d’infiltration afin d’identifier les différents maillons de la filière.
Une commande fictive pour piéger le premier suspect
Les policiers ont eu recours à une technique classique d’enquête consistant à effectuer une commande contrôlée, présentée comme un achat ordinaire. Cette opération a permis d’interpeller un premier suspect, identifié sous les initiales D. Kébé, qui se présente comme transitaire.
Au moment de son arrestation, les enquêteurs ont découvert en sa possession cinq bouteilles de protoxyde d’azote destinées à être écoulées sur le marché parallèle.
Placé devant les faits, le mis en cause aurait rapidement désigné son fournisseur, A. Sarr, chauffeur de taxi chargé d’assurer les livraisons du produit dans plusieurs quartiers de Dakar.
Une filière progressivement démantelée
Les investigations se sont alors poursuivies jusqu’au parking du stade Léopold Sédar Senghor, où le chauffeur de taxi a été localisé puis arrêté.
La fouille de son véhicule a permis la découverte de cinq cartons contenant plusieurs bouteilles de protoxyde d’azote soigneusement dissimulées dans le taxi.
Au cours de son audition, A. Sarr aurait indiqué qu’une partie de cette marchandise devait être livrée à un certain C. Diakhaté, domicilié à la Cité Damel.
Les policiers se sont immédiatement rendus à cette adresse. Sur place, ils ont procédé à l’interpellation du suspect, qui détenait également une quantité de MDMA en vrac, laissant apparaître des liens possibles entre le trafic de protoxyde d’azote et celui des drogues de synthèse.
Le présumé cerveau du réseau identifié
L’enquête ne s’est pas arrêtée là. Les déclarations recueillies auprès d’A. Sarr ont conduit les enquêteurs jusqu’à Keur Mbaye Fall où réside M. Sarr, présenté comme le principal organisateur de ce trafic.
Une perquisition menée à son domicile a permis la découverte de 78 bouteilles supplémentaires de protoxyde d’azote, venant considérablement alourdir les éléments matériels réunis contre lui.
Interrogé sur l’origine de cette importante cargaison, M. Sarr aurait affirmé s’approvisionner auprès d’un individu surnommé « Phantom », qu’il dit installé en Suisse. Une explication qui n’a manifestement pas convaincu les enquêteurs, lesquels poursuivent leurs investigations afin d’identifier d’éventuelles ramifications internationales de cette filière.
Un important matériel saisi
Au terme de cette opération, la DIC a procédé à la saisie de 96 bouteilles de protoxyde d’azote, de 562 capsules destinées à leur utilisation, d’une quantité de MDMA en vrac, de 175 000 francs CFA en espèces, ainsi que de cinq téléphones portables, dont deux iPhone et trois smartphones Android.
Les quatre suspects ont été arrêtés pour association de malfaiteurs, détention et trafic de drogue. Les investigations se poursuivent afin de déterminer l’étendue exacte du réseau, d’identifier les circuits d’approvisionnement et d’éventuels complices opérant aussi bien au Sénégal qu’à l’étranger.
D’après les informations rapportées par le quotidien Libération, cette affaire illustre la montée en puissance du trafic de protoxyde d’azote au Sénégal. Longtemps utilisé dans les secteurs médical et alimentaire, ce gaz fait aujourd’hui l’objet de détournements à des fins récréatives, suscitant une vigilance accrue des services spécialisés de la Police nationale.

