Une alerte relayée sur les réseaux sociaux met en lumière la situation de treize femmes travaillant depuis seize ans comme prestataires à l’hôpital régional Heinrich Lübke de Diourbel. Entre accusations de précarité persistante, soupçons de favoritisme et intervention de l’inspection du travail, l’affaire suscite l’indignation de certains syndicats et interpelle les autorités.
Une vive polémique secoue l’hôpital régional Heinrich Lübke de Diourbel après la diffusion d’une alerte sur les réseaux sociaux dénonçant la situation de treize femmes employées comme prestataires dans l’établissement depuis plus d’une décennie.
Selon les informations relayées, ces travailleuses, décrites comme des mères de famille ayant cumulé près de seize années de service, exerceraient toujours sous statut précaire, sans avoir bénéficié ni de contrat à durée déterminée (CDD) ni de contrat à durée indéterminée (CDI). Elles percevraient actuellement une rémunération mensuelle estimée à 50 000 francs CFA, une situation que leurs soutiens jugent « inhumaine » au regard de leur ancienneté.
Les dénonciations visent également la gestion administrative de l’établissement. Le directeur des ressources humaines, Mamadou Niass, ancien arbitre de football selon les mêmes sources, est accusé par les plaignants d’exercer des pressions sur ces agentes pour éviter toute contestation publique ou action judiciaire.
Dans le même temps, des accusations de favoritisme sont évoquées. Les auteurs de l’alerte affirment notamment que le DRH aurait signé un CDI au profit de son épouse, tandis que le directeur de l’hôpital, Bokar Omar Sow, aurait intégré sa sœur au poste de secrétaire. Des affirmations qui, à ce stade, n’ont pas fait l’objet de réaction officielle de la part de la direction de l’hôpital.
Face à la situation, des syndicalistes ont organisé un sit-in pour réclamer justice et une régularisation du statut de ces travailleuses. L’affaire aurait également été portée devant l’inspection du travail de Diourbel. D’après les informations diffusées, l’inspecteur aurait initialement reconnu l’existence d’une injustice et recommandé une réparation, avant de faire preuve, selon les plaignants, d’une certaine réserve par la suite.
Dans leur message d’alerte, les soutiens des treize agentes interpellent directement les plus hautes autorités de l’État, notamment le président de la République Bassirou Diomaye Faye, le Premier ministre Ousmane Sonko et le ministre de la Santé, afin qu’une solution soit trouvée pour permettre à ces employées « de retrouver leurs droits et leur dignité ».
En attendant une éventuelle réaction des responsables de l’hôpital ou des autorités administratives, cette affaire remet sur la table la question récurrente du statut des prestataires dans les structures publiques de santé, un sujet souvent soulevé par les organisations syndicales du secteur.

