Histoire de la FAO- Rwanda : la culture du thé transforme les communautés rurales et renforce l’autonomisation des femmes

Au Rwanda, la culture du thé s’impose comme un moteur de transformation économique et sociale dans les zones rurales. Soutenue par les autorités rwandaises et la FAO, la filière contribue à améliorer les revenus des petits producteurs, tout en favorisant l’autonomisation des femmes et l’essor d’une agriculture de qualité tournée vers les marchés internationaux.

Dans les collines verdoyantes du Rwanda, les champs de thé dessinent un paysage devenu emblématique du développement agricole du pays. Dès les premières heures du jour, des centaines de cueilleurs vêtus de jaune parcourent méthodiquement les plantations pour récolter à la main les feuilles les plus tendres destinées à la production de thé haut de gamme.

Aujourd’hui, le thé représente le deuxième produit d’exportation du Rwanda après le café, dans un pays où l’agriculture demeure le principal pilier économique. Selon les estimations relayées par la FAO, le secteur agricole emploie près de 64,5 % de la population et contribue à hauteur de 27 % au produit intérieur brut.

Dans plusieurs régions rurales, notamment à Nyaruguru dans le sud du pays, le développement de la culture du thé a profondément transformé les conditions de vie des populations.

Bertride Nyiranzigiye, productrice de thé âgée de 65 ans, raconte avoir changé de vie grâce à cette activité. Après avoir longtemps travaillé pour d’autres exploitants, elle possède désormais sa propre plantation et emploie à son tour des travailleurs agricoles.

Comme elle, de nombreux petits producteurs ont bénéficié de programmes d’accompagnement mis en place par les autorités rwandaises afin d’étendre la culture du thé dans les régions rurales.

Jean Marie Vianney Ndagijimana, père de quatre enfants, explique avoir abandonné la culture de la patate douce après avoir suivi des formations spécialisées. Il affirme que la production de thé lui a permis de sortir sa famille de la pauvreté, d’assurer la scolarité de ses enfants et d’améliorer leur alimentation.

Introduit dans les années 1950, le thé rwandais a connu une forte croissance ces dernières décennies grâce aux conditions climatiques favorables du pays : pluies abondantes, ensoleillement régulier et sols volcaniques riches en minéraux.

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, accompagne actuellement le gouvernement rwandais dans l’élaboration d’une stratégie nationale destinée à améliorer la qualité de la production et à renforcer l’accès aux marchés internationaux.

Cette stratégie prévoit notamment le renforcement de la recherche agricole, le développement des infrastructures, la formation continue des agriculteurs ainsi que l’implication accrue des jeunes dans la filière.

Les autorités misent également sur une meilleure intégration des petits producteurs dans la chaîne de valeur. Selon les responsables du secteur, les agriculteurs perçoivent désormais une part importante des revenus issus des ventes de thé, notamment dans le cadre des ventes directes et des enchères internationales.

Les femmes occupent une place centrale dans cette dynamique. Elles représentent une proportion croissante des propriétaires d’exploitations et des travailleuses de la filière théicole.

Pour Mohamed Aw-Dahir, représentant de la FAO au Rwanda, les agricultrices jouent un rôle essentiel dans la production agricole nationale. L’organisation internationale considère d’ailleurs leur autonomisation comme un levier majeur du développement rural et de la sécurité alimentaire.

À travers cette stratégie axée sur la qualité et les marchés de niche, le Rwanda espère consolider sa réputation internationale dans le secteur du thé tout en renforçant les revenus des communautés rurales.

Source originale:  www.fao.org/newsroom/story/hilltops-and-teacups/en

 

Pape Ismaïla CAMARA
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