Khadim Bamba Fall dans la tourmente : les anciens détenus exigent des comptes sur sa gestion des BAOS

La démission annoncée de Khadim Bamba Fall de son poste de coordonnateur national des Bureaux d’accueil, d’orientation et de suivi (BAOS) continue de susciter des réactions. Des anciens détenus dits « politiques » l’accusent notamment d’avoir privilégié certaines personnes dans le recrutement et réclament des enquêtes sur la gestion de la structure.

Dans son compte rendu, Vox Populi rapporte que l’annonce de la démission de Khadim Bamba Fall, faite sur les réseaux sociaux, a provoqué la réaction de plusieurs anciens détenus. Ces derniers souhaitent notamment que les autorités se penchent sur le fonctionnement des BAOS et sur les conditions dans lesquelles certains bénéficiaires auraient été accompagnés.

Moustapha Fall, représentant des victimes de Ngor, Ouakam et Yoff, réclame ainsi « des enquêtes sérieuses de la part de l’État concernant le BAOS ». Il justifie cette demande par plusieurs situations qui, selon lui, mériteraient d’être éclaircies.

« Avec le BAOS, il y en a certains qui sont allés en Espagne. Et certains y ont perdu la vie parce qu’ils ne remplissaient pas tous les critères pour pouvoir y aller », a-t-il déclaré, selon les propos rapportés par Vox Populi.

Moustapha Fall affirme par ailleurs que les anciens détenus disposent d’autres éléments concernant la gestion de Khadim Bamba Fall, sans toutefois les avoir tous rendus publics lors du point de presse.

« Il reste beaucoup à dire. Ce n’est pas aujourd’hui que nous allons tout déballer dans ce point de presse concernant le sujet de Khadim Bamba Fall, car nous détenons beaucoup d’éléments sur lui », a-t-il soutenu.

Les critiques portent également sur la situation des jeunes militants qui, selon Moustapha Fall, auraient placé beaucoup d’espoir dans les responsables issus de leur formation politique. Il accuse Khadim Bamba Fall de ne pas avoir répondu aux attentes de certains d’entre eux et affirme que les recrutements auraient été influencés par des considérations politiques.

D’après Vox Populi, Moustapha Fall estime que certains jeunes se retrouvent aujourd’hui sans emploi et dans des situations sociales difficiles. Il évoque notamment des personnes ayant perdu leurs revenus, ayant été expulsées de leur logement ou contraintes d’envisager des voies d’émigration irrégulière.

Au-delà du cas de Khadim Bamba Fall, les anciens détenus ont également élargi leurs critiques à certains responsables de Pastef. Moustapha Fall leur reproche d’avoir, selon lui, oublié les victimes après leur accession aux responsabilités.

Il affirme même que les victimes restent confrontées à une absence de prise en charge suffisante, alors que plusieurs responsables du parti occupent désormais des fonctions ministérielles ou dirigeantes.

La question judiciaire demeure également au cœur de ses préoccupations. « Depuis 2024 jusqu’à aujourd’hui, depuis que ce pouvoir est installé, on n’a pas traité notre dossier. Depuis lors, nous continuons de réclamer que justice nous soit rendue, mais rien n’a bougé », a-t-il déploré.

Moustapha Fall évoque notamment des enquêtes qui, selon lui, ne seraient toujours pas bouclées et des personnes qui n’auraient pas encore été entendues ou poursuivies.

Les critiques visent aussi la responsabilité du parti à l’égard de ses anciens militants. Selon lui, une meilleure politique de réinsertion aurait pu permettre de venir en aide aux jeunes concernés, notamment par leur orientation vers les différentes structures publiques.

Pour Vox Populi, cette sortie traduit donc un profond ressentiment d’anciens détenus qui estiment avoir été marginalisés après avoir participé au combat politique ayant conduit à l’alternance. Ils réclament désormais des explications sur la gestion du BAOS et une prise en charge plus effective des victimes.

Oumou Khaïry NDIAYE
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