La hausse des prix à la consommation au Sénégal a ralenti en septembre 2026, s’établissant à 1 % sur un an, contre 1,2 % en août, selon les données de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), rapportées par l’Agence Ecofin. Cette évolution intervient alors que les autorités multiplient les mesures destinées à préserver le pouvoir d’achat, dans un contexte de difficultés alimentaires persistantes dans plusieurs départements.
L’inflation poursuit son ralentissement au Sénégal. En septembre 2026, les prix à la consommation ont progressé de 1 % sur un an, contre 1,2 % le mois précédent. Ces chiffres, issus du rapport sur l’indice harmonisé des prix à la consommation (IHPC) de l’ANSD et relayés par l’Agence Ecofin, traduisent une modération de la hausse générale des prix.
L’évolution reste toutefois contrastée selon les secteurs. Les principales augmentations ont concerné les services de soins personnels, de protection sociale et les biens divers, ainsi que la santé, la restauration et l’hébergement. Les prix du transport ont enregistré une hausse de 1,2 %, tandis que ceux des produits alimentaires et des boissons non alcoolisées ont progressé de 0,9 %. L’inflation sous-jacente, qui exclut les produits frais et l’énergie, s’est également établie à 1 % sur un an.
La provenance des produits fait aussi apparaître des différences. Les prix des produits d’origine locale ont augmenté de 1,4 %, alors que ceux des produits importés ont reculé de 0,2 %. Par catégorie, les services ont progressé de 1,3 % et les biens non durables de 0,8 %. Les biens durables ont connu une hausse de 1,6 %, contre 1 % pour les biens semi-durables.
Des mesures publiques face à la cherté de la vieCe ralentissement intervient dans un contexte où plusieurs départements du pays connaissent une dégradation de la situation alimentaire durant la période de soudure. Pour soutenir les populations les plus exposées, l’État a mobilisé plus de 7,2 milliards de francs CFA en faveur des ménages vulnérables. Les interventions comprennent notamment des transferts sociaux, la distribution de kits alimentaires et une assistance destinée au cheptel.
Les pouvoirs publics ont également renforcé les mesures visant à sécuriser l’approvisionnement et à soutenir la production locale. Face aux préoccupations liées au coût de la vie, le gouvernement a multiplié les initiatives pour réduire le prix des produits de première nécessité et des carburants, améliorer le contrôle des marchés et mieux orienter les aides.
En septembre 2026, l’exécutif a notamment annoncé un meilleur ciblage des subventions, en particulier dans le secteur de l’énergie, afin de concentrer davantage les soutiens sur les ménages les plus vulnérables. La reprise des bourses de sécurité familiale s’inscrit dans cette même orientation.
Une inflation moyenne projetée à 1,7 % sur la période 2026-2028
Sur le plan macroéconomique, le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP) 2026-2028 prévoit une inflation moyenne de 1,7 % sur la période, mesurée par le déflateur du produit intérieur brut (PIB). Cette projection reste inférieure au seuil de 3 % retenu dans le cadre de la surveillance multilatérale de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
Dans ce contexte de progression modérée des prix, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a maintenu son principal taux directeur à 3 % lors de sa dernière réunion de politique monétaire.
Si les derniers chiffres indiquent un ralentissement de l’inflation, cette évolution ne signifie pas nécessairement une baisse générale des prix : elle traduit avant tout une progression moins rapide qu’auparavant. Pour les ménages, l’enjeu demeure donc de préserver le pouvoir d’achat, particulièrement dans les zones confrontées à des difficultés alimentaires et pour les familles les plus vulnérables.

