Retrait de Macky Sall à l’ONU : Seydi Gassama évoque un échec et interpelle les dirigeants africains

Le retrait annoncé de Macky Sall de la course au poste de secrétaire général des Nations unies suscite une réaction critique de Seydi Gassama. Le défenseur des droits humains estime que les difficultés de l’ancien président sénégalais étaient prévisibles et voit dans cet épisode un avertissement adressé aux dirigeants africains sur les conséquences internationales des atteintes aux droits humains et à la bonne gouvernance.

Seydi Gassama a livré une lecture sévère de la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), à la suite de l’annonce de son retrait. Dans sa déclaration, il considère que l’ancien président sénégalais savait, dès le départ, qu’il aurait du mal à obtenir le soutien de l’Union africaine.

Selon le défenseur des droits humains, cette difficulté s’expliquait notamment par le principe de rotation régionale, non écrit mais largement admis, qui intervient dans les discussions autour de la désignation du secrétaire général de l’ONU. Il rappelle que l’Afrique a déjà occupé cette fonction à travers Boutros Boutros-Ghali et Kofi Annan.

Seydi Gassama estime également que le bilan de Macky Sall en matière de droits humains, de gouvernance démocratique et de gestion économique et financière constituait un handicap majeur. À ses yeux, l’ancien chef de l’État aurait néanmoins pensé pouvoir surmonter ces obstacles grâce à ses ressources financières et à son influence diplomatique.

Pour le défenseur des droits humains, le retrait de la candidature, s’il est confirmé dans les termes évoqués, représenterait un revers important pour Macky Sall, mais aussi pour les États qui avaient choisi de le soutenir malgré les critiques formulées à son encontre.

Il a, dans le même temps, salué la mobilisation des victimes de l’ancien régime et de leurs soutiens. Il estime que leurs efforts pour faire connaître les questions liées aux droits humains et à la gouvernance économique et financière ont contribué à mettre en lumière le bilan de l’ancien président.

Au-delà du cas sénégalais, Seydi Gassama voit dans cet épisode un signal adressé aux chefs d’État africains. Selon lui, les dirigeants qui persécutent leurs opposants, portent atteinte aux droits fondamentaux ou s’écartent des principes de bonne gouvernance ne peuvent espérer accéder sans contestation aux plus hautes responsabilités internationales après leur départ du pouvoir.

Cette prise de position replace ainsi le retrait de Macky Sall dans le débat plus large sur la responsabilité des anciens dirigeants, le respect des libertés fondamentales et la crédibilité internationale des États africains.

Momar Diack SECK
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