République Contre Opportunisme : Le Véritable Enjeu De La Réforme Constitutionnelle
Une Réforme Institutionnelle D’une Portée Historique
L’assemblée nationale a adopté le 29 juin 2026 , à une majorité écrasante de 129 députés sur 165 , un
Important projet de révision constitutionnelle. Cette réforme, qui modifie une trentaine de dispositions de la constitution, introduit notamment l’obligation pour le Président de la République de déclarer son patrimoine à son entrée et à sa sortie de fonction, met fin au cumul des fonctions de Président de la
République et de chef de parti politique pendant la durée du mandat, et redefinit les rapports entre le Président de la République, le Premier ministre et le Parlement.
Ces dispositions poursuivent un objectif clair : renforcer la transparence, consolider l’Etat de droit, améliorer la gouvernance et approfondir la démocratie Sénégalaise.
Le Paradoxe Des Prétendus Défenseurs De La Démocratie
Dans la démocratie, le débat contradictoire est légitime. Personne ne saurait contester le droit de critiquer une réforme constitionnelle.
En revanche, ce qui interroge profondément, c’est l’attitude de ceux qui ne combattent pas les textes pour leur contenu, mais parce qu’ils craignent les conséquences politiques ou personnelles qu’ils pourraient entraîner.
Lorsque la défense de la démocratie devient le masque de la défense d’intérêts privés, le débat public perd sa noblesse.
L’opportunisme érigé en stratégie politique
Depuis l’adoption de ces textes, on assiste à une agitation de certains politiques, de groupes d’influence et de structures se présentant comme des représentants de la société civile, mais dont les prises de position semblent davantage dictées par des considérations partisanes que par l’intérêt national.
Au lieu d’analyser les réformes sur leur fondement juridique et institutionnel, ils privilégient la polémique, la confusion et la dramatisation. La demagogie prend alors le pas sur l’argumentation.
Le Respect Du Vote Des Représentants Du Peuple
Les députés sont les représentants du peuple souverain. Ils ont débattu et adopté ces réformes selon les procédures prévues par la constitution.
Contester une décision parlementaire est un droit. Mais chercher systématiquement à discréditer les institutions chaque fois que leurs décisions ne correspondent pas à des intérêts particuliers constitue une dérive préoccupante pour la démocratie.
Le Référendum : Une Diversion Coûteuse Face Aux Priorités Nationales
Dans le contexte actuel, le recours au référendum souléve une interrogation légitime : est-il véritablement indispensable ?
Les réformes constitutionnelles ont déjà été examinées, débattues et adaptées par une majorité écrasante de 129 députés sur 165 , représentants élus de la nation. Sur le plan institutionnel, cette légitimité parlementaire est un élément majeur du processus démocratique.
Dès lors, certains appels au référendum apparaissent moins comme une exigence démocratique que comme une stratégie de retardement. Lorsque tous les moyens sont
mobilisés non pour améliorer les textes, mais pour en différer l’entrée en vigueur, le débat démocratique risque de céder la place à une logique d’obstruction.
Au-delà de cette considération, un référendum représente une mobilisation considérable de ressources humaines, matérielles et financières. Or, le Sénégal fait face à des défis autrement plus urgents : l’emploi des jeunes, le coût de la vie, l’éducation, la santé, les infrastructures, la sécurité et le financement du développement.
Dans un contexte où chaque franc public doit être utilisé avec rigueur, il est légitime de s’interroger sur l’opportunité d’engager des dépenses importantes pour une consultation portant sur des textes déjà approuvés par la représentation nationale.
La démocratie ne se mesure pas au nombre de scrutins organisés, mais à la capacité des institutions à fonctionner efficacement, dans le respect de la constitution, de la volonté populaire et de l ‘intérêt supérieur de la nation.
Faire un référendum un instrument de blocage
politique, alors qu’il devrait demeurer un outil exceptionnel de souveraineté populaire, reviendrait à détourner son esprit au profit de considérations qui ne relèvent ni de l’intérêt général ni de la bonne gouvernance.
L’intérêt Général Contre Les Privilèges
Le véritable enjeu dépasse largement cette réforme constitutionnelle.
Il oppose deux visions du Sénégal : celle qui place l’intérêt général, la transparence et la responsabilité publique au-dessus de tout, et celle qui cherche à préserver des positions acquises, des privilèges ou des stratégies politiques.
L’histoire enseigne que toutes les grandes réformes ont rencontré des résistances. Elles dérangent parce qu’elles modifient les équilibres établis.
Conclusion : Choisir La République Plutôt Que Les Postures
Le Sénégal mérite un débat sérieux, argumenté et responsables.
Les réformes constitutionnelles doivent être appréciées à l’aune de leur conformité au droit, de leur utilité pour les institutions et de leur contribution au progrès démocratique, non au regard des intérêts qu’elles favorisent ou qu’elles remettent en cause.
La République ne peut prospérer dans l’hypocrisie, la demagogie, l’opportunisme ou les procès d’intention. Elle se construit sur la cohérence, le respect des institutions, la transparence et la primauté de l ‘intérêt général.
Monsieur
Serigne Habib Ndaw
Patriote Octogénaire Engagé
Mail. ndaw.habib45@gmail.com
Dakar, Le 01 Juillet 2026

