Il faut en finir avec les précautions inutiles.
L ‘espace public sénégalais, à l’instar de nombreux espaces Africains, est miné par une médiocrité devenue structurelle . Le bruit y remplace la pensée, l’émotion y supplante l’analyse, et l’accessoire y prend systématiquement le pas sur l’essentiel. Ce n’est plus une dérive : c’est un ordre établi.
Dans ce désert intellectuel, la rencontre entre Pascal Boniface et le président du PASTEF et premier Ousmane Sonko, tenue au Musée des civilisations Noires, ne saurait être réduite à un simple évènement académique. Elle constitue un acte de rupture . Une tentative assumée de réintroduire la pensée stratégique là où elle a été progressivement évacuée.
Car enfin, de quoi debat-on au quotidien ? De polémiques stériles, de querelles d’égo, de distractions collectives sans horizon. Pendant ce temps, le monde se redessine sans nous, ou pire, contre nous. Les rapports de forces se recomposent, les souverainetés se négocient, les dépendances se redifinissent, et l’Afrique, faute de débat intellectuel à la hauteur de ses enjeux, reste trop souvent spectatrice de dynamiques qui déterminent son avenir .
Il faut donc saluer, mais aussi assumer, la portée des propos tenus par Ousmane Sonko à l ‘égard de Donald Trump. Nommer les logiques de déstabilisation à l’œuvre dans le système international n’est pas une provocation. C’est une exigence.
Car il n’y a pas de souveraineté sans lucidité.
Et il n’y a pas de lucidité sans courage.
Ce qui est en jeu ici dépasse largement une conférence ou une séquence médiatique. Il s’agit d’un choix de civilisation : continuer à subir le monde dans un brouhaha permanent, ou décider enfin de le penser avec vigueur, exigence et courage.
L’Afrique n’a pas besoin de plus de divertissement politique. Elle a besoin d’une élévation brutale de son niveau de débat. Elle a besoin d’élites capables de rompre avec le confort du conformisme, de nommer les réalités, d’assumer des positions, et surtout de structurer une vision.
Que cette initiative fasse tache d’huile, non pas comme un slogan convenu, mais comme une nécessité stratégique. Car une nation qui ne pense pas à la hauteur de ses défis est condamnée à la subir. Et un continent qui refuse l’exigence intellectuelle se condamne lui-même à l’insignifiance.
Il Est Temps De Rompre. Sans Détour. Sans Délai.
Monsieur
Serigne Habib Ndaw
Patriote Octogénaire Engagé
Mail. Ndaw.Habib45@Gmail.Com

