Dioufène entre pistes impraticables, manque d’eau et absence de poste de santé : un reportage de l’APS au cœur de leurs préoccupations

À une trentaine de kilomètres de Kaolack, le village de Dioufène, dans la commune de Keur Socé, cumule plusieurs difficultés liées au désenclavement, à l’accès à l’eau potable et aux soins de santé. Malgré ces contraintes, les populations continuent de miser sur l’agriculture et l’élevage pour assurer leur subsistance.

À Dioufène, l’espoir d’une bonne campagne agricole se conjugue avec des préoccupations persistantes sur les conditions de vie. Situé à une trentaine de kilomètres de Kaolack, dans la commune de Keur Socé, le village fait face à plusieurs difficultés qui compliquent le quotidien des habitants.

Dans un reportage publié par l’APS, le chef du village, Oumar Diouf, expose les principales préoccupations de la localité. Parmi celles-ci figure en premier lieu l’état des pistes, particulièrement problématique pendant l’hivernage.

Les eaux de pluie rendent en effet certains secteurs difficilement accessibles. La piste reliant Dioufène à Keur Paté Malick et Ndoffane constitue notamment un axe important pour les populations. Face à sa dégradation, les habitants avaient même entrepris l’année dernière de transporter eux-mêmes de la latérite à bord de charrettes pour tenter d’améliorer la circulation.

Pour Oumar Diouf, d’autres pistes doivent également faire l’objet de travaux afin de faciliter les déplacements, mais aussi l’évacuation des productions agricoles.

Le problème de l’eau

À ces difficultés de mobilité s’ajoute la question de l’accès à l’eau potable. Le chef du village fait état de problèmes d’approvisionnement qu’il met notamment en relation avec la réforme de l’hydraulique rurale et le nouveau mode de gestion des forages.

Selon le témoignage rapporté par l’APS, la gestion des ouvrages hydrauliques de la commune par un concessionnaire privé aurait engendré des difficultés pour les populations. Oumar Diouf appelle ainsi les pouvoirs publics à accorder une attention particulière à cette question.

Plusieurs kilomètres pour se soigner

Le déficit d’infrastructures concerne également le secteur de la santé. Dioufène ne dispose d’aucune structure sanitaire. Les malades doivent se rendre jusqu’à Keur Madiabel pour accéder aux soins.

Le chef du village raconte avoir dû effectuer plusieurs déplacements vers le poste de santé de Keur Madiabel pour accompagner un malade. Une situation d’autant plus difficile en période d’hivernage, lorsque l’état des pistes rend les déplacements plus pénibles.

L’agriculture reste le principal espoir

Malgré ces contraintes, l’agriculture et l’élevage demeurent au cœur de l’économie locale. À la fin de l’hivernage, les producteurs attendent la maturation de leurs cultures. L’arachide, le maïs et le mil figurent parmi les principales spéculations.

Les habitants se montrent plutôt satisfaits du développement végétatif des cultures et espèrent une bonne récolte après plusieurs mois de travail. Mais le chef du village plaide pour une meilleure organisation de la distribution des semences afin que les producteurs puissent recevoir les intrants à temps.

Oumar Diouf souhaite également un accompagnement plus important des femmes, notamment à travers des formations et le développement d’activités génératrices de revenus.

À Dioufène, le désenclavement, l’accès régulier à l’eau potable et la disponibilité de soins de proximité apparaissent ainsi comme les principales attentes exprimées par les populations. Des besoins essentiels qui conditionnent, selon les témoignages recueillis par l’APS, l’amélioration du quotidien dans cette localité rurale.

Dieyna SENE
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