Organisé du 8 au 16 octobre à Rome, le Forum mondial de l’alimentation 2026 a réuni des participants de 189 pays autour de la transformation des systèmes agroalimentaires. La rencontre a mis l’accent sur l’innovation, les investissements, les sciences et la mobilisation des jeunes pour accélérer les progrès vers un monde sans faim.
La lutte contre la faim et la transformation durable des systèmes agroalimentaires ont été au centre du Forum mondial de l’alimentation 2026, organisé par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) à son siège de Rome, en Italie. Clôturée le vendredi 16 octobre, cette édition s’est déroulée sous le thème « Innover aujourd’hui. Nourrir demain ».
Selon le communiqué de la FAO, l’événement a attiré plus de 90 000 participants issus de 189 pays, dont 32 000 visiteurs en présentiel, soit deux fois plus que l’année précédente. Les contenus et les messages du Forum ont également touché environ 2,4 milliards de personnes en ligne.
Dirigeants, décideurs politiques, scientifiques, agriculteurs, pêcheurs, jeunes, peuples autochtones, investisseurs et innovateurs ont pris part à cette mobilisation destinée à accélérer la transformation des systèmes alimentaires et à renforcer la sécurité alimentaire mondiale.
À la clôture, le directeur général de la FAO, Qu Dongyu, a souligné que la réussite du Forum ne devait pas être mesurée uniquement au nombre de participants, mais aussi aux partenariats établis, aux idées développées et aux actions concrètes qui en découleront. Il a particulièrement encouragé les jeunes à croire en la possibilité d’un monde sans faim et à contribuer à sa réalisation par l’innovation et l’engagement.
L’innovation au service de la sécurité alimentaire
Le Forum a été marqué par l’exposition « Des semences aux aliments », organisée au Cirque Maxime de Rome. Pendant cinq jours, cette manifestation a présenté quelque 400 produits, technologies et innovations agricoles, allant de nouvelles solutions de production à des avancées dans les domaines de la nutrition et de la durabilité.
Les échanges ont porté sur plusieurs enjeux stratégiques, notamment l’adaptation au changement climatique, les biotechnologies, la gouvernance de l’intelligence artificielle, la communication scientifique et les mécanismes de financement innovants.
Pour le directeur général de la FAO, l’innovation ne peut produire pleinement ses effets si elle reste confinée aux laboratoires ou demeure financièrement inaccessible aux petits producteurs. Il a ainsi insisté sur la nécessité de rendre les connaissances scientifiques accessibles aux agriculteurs, dans des formats adaptés à leurs réalités et accompagnés des ressources nécessaires à leur application.
La jeunesse appelée à jouer un rôle central
La participation des jeunes a constitué l’un des temps forts de cette édition. Le Forum mondial de la jeunesse a réuni plus de 2 100 jeunes de 171 pays. Il a également été marqué par le lancement de 33 nouvelles sections nationales de la jeunesse, portant leur nombre total à plus de 100.
À travers ces initiatives, la FAO entend renforcer la participation des nouvelles générations aux politiques alimentaires et agricoles, tout en favorisant l’émergence de solutions adaptées aux défis actuels et futurs.
Le Forum a également permis de mettre en lumière les savoirs et les systèmes de connaissances des peuples autochtones, avec des rencontres consacrées à la transmission des expériences et à leur contribution à la résolution des problèmes alimentaires mondiaux.
Plus de 20 milliards de dollars d’investissements proposés
Le financement de la transformation agricole a constitué un autre axe majeur des travaux. Le Forum d’investissement de l’initiative « Main dans la main » a réuni 38 pays et cinq initiatives régionales, qui ont présenté un montant record de 20,16 milliards de dollars d’investissements agroalimentaires proposés.
Des représentants des gouvernements, du secteur privé, des banques de développement et des fondations ont échangé sur les mécanismes de financement, les risques liés aux investissements et les partenariats susceptibles de favoriser la réalisation des projets.
La FAO entend ainsi rapprocher les avancées scientifiques des besoins concrets du terrain, en mobilisant les ressources nécessaires à leur déploiement à grande échelle.
Eau, agriculture et résilience climatique
Les discussions ont également porté sur la sécurité hydrique et ses liens étroits avec la sécurité alimentaire. Le Dialogue de Rome sur l’eau 2026 a notamment examiné les conséquences des phénomènes météorologiques extrêmes et les tensions croissantes sur les ressources en eau, sollicitées à la fois par l’agriculture, les populations, l’industrie et les écosystèmes.
Les travaux du Forum rappellent ainsi que l’éradication de la faim nécessite une approche globale associant innovation, investissements, gestion durable des ressources naturelles et coopération internationale.
Clôturée à l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation, l’édition 2026 du Forum mondial de l’alimentation laisse en perspective un défi majeur : transformer les engagements et les financements annoncés en résultats tangibles pour les populations, en particulier les petits producteurs et les communautés les plus exposées à l’insécurité alimentaire.

