L’état du patrimoine de l’île de Gorée suscite une nouvelle alerte. Alioune Tine, président-fondateur d’Afrikajom Center, appelle à une mobilisation pour la réhabilitation de ce site historique, qu’il considère comme un lieu majeur de mémoire lié à l’histoire de l’esclavage et de la colonisation.
Dans une publication sur le réseau social X rapportée par Vox Populi, Alioune Tine décrit Gorée comme un patrimoine architectural unique en Afrique de l’Ouest, dont les bâtiments et les ruelles témoignent de plusieurs pans de l’histoire du continent. Il déplore cependant l’état de dégradation de l’île et juge cette situation « inacceptable ».
Pour le militant des droits de l’homme, la préservation de Gorée dépasse la seule question architecturale. Il considère l’île comme un lieu de mémoire associé à la traite négrière et à l’esclavage, mais aussi comme un espace où le monde vient se recueillir autour du souvenir de ces événements.
Alioune Tine appelle ainsi à une mobilisation pour réhabiliter Gorée et inscrire cette question dans le débat sur les réparations. Il estime que la manière dont le pays entretient ce patrimoine renseigne également sur son rapport à son histoire et à sa culture.
Son plaidoyer s’étend plus largement à la place de la culture dans les politiques publiques. Il critique l’idée, qu’il attribue à une partie de la bureaucratie et de la technocratie africaine, selon laquelle la culture ne serait pas suffisamment rentable ou constituerait un secteur marginal dans les politiques économiques et politiques.
Il rappelle à ce propos la place accordée à la culture sous Léopold Sédar Senghor et Abdou Diouf et le rôle joué par plusieurs responsables culturels dans le rayonnement international du Sénégal. Il estime que la culture et l’intelligentsia sénégalaise ont contribué à renforcer l’image du pays dans le monde.
Selon Vox Populi, Alioune Tine appelle également le président Bassirou Diomaye Faye à remédier à ce qu’il présente comme une dégradation de la place accordée à la culture. Il met en avant le potentiel des écrivains, musiciens, cinéastes et plasticiens sénégalais et plaide pour une politique culturelle permettant de rapprocher politique, économie et culture.
À ses yeux, le changement systémique ne pourrait être pleinement réalisé sans une véritable transformation culturelle.

