Le député Pape Djibril Fall s’est démarqué des autres élus de l’opposition ayant renoncé à saisir le Conseil constitutionnel contre la récente modification des articles L29 et L30 du Code électoral.
Le débat autour de la réforme du Code électoral continue de provoquer des remous au sein de l’opposition parlementaire. Cette fois, c’est le député Pape Djibril Fall qui exprime publiquement son incompréhension face à la décision de plusieurs élus de ne pas introduire de recours devant le Conseil constitutionnel.
Dans des propos rapportés par Vox Populi, le parlementaire a tenu à préciser qu’il n’était ni associé ni signataire du communiqué attribué aux députés non-inscrits annonçant l’abandon du recours.
Selon lui, la modification des articles L29 et L30 du Code électoral soulève de sérieuses interrogations sur le respect des principes démocratiques. Pape Djibril Fall estime que cette réforme apparaît comme une initiative destinée à « sécuriser » politiquement la candidature du Premier ministre Ousmane Sonko.
Le député affirme avoir été contacté par son collègue Thierno Alassane Sall au sujet d’une éventuelle saisine du Conseil constitutionnel. Il assure avoir immédiatement donné son accord pour signer le recours.
Cependant, il dit avoir découvert avec surprise qu’une partie des députés non-inscrits ainsi que le groupe parlementaire Takku Wallu avaient finalement renoncé à cette démarche.
Pour Pape Djibril Fall, même une loi jugée bonne doit pouvoir être soumise au contrôle du Conseil constitutionnel afin d’être consolidée juridiquement. Il estime qu’à plus forte raison, une réforme aussi controversée méritait un examen approfondi de la haute juridiction.
Toujours selon Vox Populi, le député dénonce également la procédure d’urgence utilisée pour faire adopter le texte, qu’il considère comme « source de périls » pour la démocratie sénégalaise.
Au-delà de la réforme électorale, Pape Djibril Fall critique le fait que le débat politique soit concentré sur les échéances électorales alors que les Sénégalais font face à des difficultés économiques croissantes. Il évoque notamment la cherté de la vie, les inquiétudes liées à la Tabaski, le chômage des jeunes, les licenciements massifs et les difficultés des secteurs du transport, de l’agriculture et de l’élevage.
Le député appelle ainsi les acteurs politiques à privilégier l’intérêt général plutôt que des calculs partisans.

