Une enquête menée par la Direction de l’automatisation du fichier (DAF) a permis de découvrir un vaste réseau de fraude à l’état civil impliquant plusieurs individus, dont un officier d’état civil. L’affaire porte sur l’attribution illégale de numéros d’état civil sénégalais à des ressortissants étrangers, principalement guinéens.
La lutte contre la fraude documentaire vient de connaître un tournant majeur avec le démantèlement d’un réseau présumé de falsification d’actes d’état civil à Wakhinane Nimzatt. Selon des révélations du quotidien Libération, plusieurs ressortissants guinéens auraient obtenu illégalement des documents administratifs sénégalais grâce à un système parallèle mis en place autour de registres irréguliers.
Le 4 mai dernier, la Direction de l’automatisation du fichier (DAF) a remis à la Sûreté urbaine trois individus impliqués dans cette affaire de faux en écriture administrative. Parmi eux figurent Hamady Diallo alias « Nini », officier d’état civil et adjoint au maire de Wakhinane Nimzatt, Boubacar Thiam, commerçant, ainsi que Mamadou Thiam alias « Bébé Diéné », présenté comme lutteur.
D’après les informations rapportées par Libération, l’enquête a révélé que Mamadou Thiam avait obtenu frauduleusement une déclaration de naissance enregistrée sous un numéro déjà attribué à une autre personne dans les registres de l’état civil de Wakhinane Nimzatt.
Les investigations menées par la DAF ont mis au jour de graves irrégularités administratives. Le registre contenant l’acte incriminé était dépourvu de paraphe, de cotation et d’authentification officielle. Les enquêteurs ont également constaté l’existence de pages manquantes et d’une numérotation incohérente. Avec l’autorisation du président du Tribunal d’Instance de Guédiawaye, le registre suspect a été saisi.
Entendu par les enquêteurs, Mamadou Thiam a reconnu être en réalité Amadou Cheikhou Diallo, de nationalité guinéenne. Il aurait sollicité les services de Boubacar Thiam afin d’obtenir une identité sénégalaise fictive. Ce dernier aurait fourni ses propres documents d’identité ainsi que ceux de son épouse pour faire établir un faux extrait de naissance.
Grâce à ces documents frauduleux, le mis en cause a pu obtenir plusieurs pièces administratives officielles, notamment une carte nationale d’identité, un passeport sénégalais et même une licence de lutte.
Toujours selon Libération, les enquêteurs soupçonnent l’existence d’un système parallèle destiné à régulariser illégalement des personnes en difficulté d’état civil, qu’elles soient étrangères ou sénégalaises. Plusieurs autres noms sont apparus dans le dossier, notamment F. Barry, B. Ba, C. Diallo, M.D. Guèye, A. Niang, F. Fall, O. Ndiaye et C. Guèye.
Les autorités redoutent désormais l’ampleur de cette mafia documentaire, capable de fournir des certificats de nationalité, permis de conduire, cartes d’identité et passeports sur la base de faux actes de naissance. Une enquête approfondie est en cours tandis que les premiers suspects ont été placés en garde à vue.

