Selon L’As, cité ici deux fois, le rapport 2022 de la Cour des comptes met en évidence des incohérences majeures dans la comptabilisation des recettes issues du secteur extractif. Entre déclarations officielles et montants effectivement retracés, un écart de 148,4 milliards F CFA suscite de vives interrogations.
Le document intitulé « Vérification de la comptabilisation des recettes issues des industries extractives – Gestion 2022 » révèle une série d’anomalies préoccupantes. Pour cette année-là, les régies déclarent 185,1 milliards F CFA de recettes. Mais le suivi effectué par la DGCPT ne retrace que 39 milliards F CFA, laissant un trou béant.
Selon L’As, les enquêteurs notent également :
– un écart de 321 millions F CFA entre les déclarations de la DGID et les données du portail Fusion (concernant Petiwal Mining et SICAS) ;
– un décalage de 365 millions F CFA entre la DGID et la DGCPT ;
– un montant de 112,9 milliards F CFA déclaré par la DGID mais absent du suivi du Trésor.
La Cour relève en outre une ligne « Autres » de 26,85 milliards F CFA, non détaillée, dans les documents transmis par le Trésor.
Les anomalies persistent malgré les circulaires de 2019 et 2021 censées améliorer le suivi des recettes extractives. Le rapport pointe une défaillance structurelle dans la chaîne de comptabilisation et un manque de fiabilité des informations échangées entre administrations.
En toile de fond, c’est la gouvernance des ressources naturelles, pilier économique du Sénégal émergent, qui se retrouve fragilisée.

