Code du travail et sécurité sociale :Les centrales syndicales dénoncent un passage en force du gouvernement et annoncent une grève de 24 heures

Le Front Syndical pour la Défense du Travail (FSDT), qui regroupe plusieurs des principales organisations syndicales du Sénégal, a annoncé une grève générale nationale de 24 heures le 10 juillet 2026. En cause, la décision du gouvernement de soumettre à l’examen de l’Assemblée nationale les projets de loi portant Code du travail et Code de la sécurité sociale sans relecture préalable avec les partenaires sociaux. Les syndicats dénoncent une rupture du dialogue social et réclament le respect des engagements contenus dans le Pacte national de stabilité sociale.

Le climat social risque de connaître de nouvelles turbulences dans les prochaines semaines. Réunis au sein du Front Syndical pour la Défense du Travail (FSDT), les secrétaires généraux de plusieurs centrales syndicales ont annoncé une série de mesures de riposte contre ce qu’ils qualifient de « démarche unilatérale » du gouvernement dans le processus de réforme du Code du travail et du Code de la sécurité sociale.

Dans une déclaration rendue publique le 16 juin à Dakar, le FSDT affirme avoir appris avec inquiétude la transmission des deux projets de loi à la Commission des Lois de l’Assemblée nationale, convoquée les 17 et 18 juin 2026, sans qu’une concertation finale n’ait été organisée avec les partenaires sociaux.

Pour les responsables syndicaux, cette procédure constitue une entorse grave aux principes qui régissent le dialogue social au Sénégal. Ils estiment que l’absence de relecture consensuelle des versions définitives des textes remet en question les mécanismes de concertation entre l’État, les employeurs et les travailleurs.

Une grève générale annoncée

Face à cette situation, le Front Syndical pour la Défense du Travail a décidé de passer à l’action. La principale mesure annoncée est l’organisation d’une grève générale nationale de vingt-quatre heures, prévue le vendredi 10 juillet 2026, de minuit à minuit.

Selon le FSDT, ce mouvement concernera l’ensemble des secteurs publics et privés du pays. Les organisations syndicales entendent ainsi exprimer leur rejet de la procédure engagée par les autorités et exiger un retour à une démarche concertée avant toute adoption définitive des textes.

Les syndicats demandent également la suspension immédiate de l’examen parlementaire des projets de loi et l’ouverture d’un cadre de concertation tripartite qu’ils souhaitent « sincère, transparent et inclusif ».

Le Pacte de stabilité sociale au cœur des revendications

Au-delà de la question de la réforme législative, le FSDT reproche au gouvernement de ne pas avoir respecté plusieurs engagements contenus dans le Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable.

Les centrales syndicales citent notamment l’extension du paiement de l’indemnité de logement aux agents contractuels de la santé, la réintégration des 911 travailleurs licenciés dans les établissements publics et parapublics, ainsi que l’apurement du passif social et le règlement des droits des employés des entreprises fermées, liquidées ou en cessation d’activités.

Pour les responsables syndicaux, ces engagements constituent des obligations librement acceptées par les différentes parties et doivent être honorés avant toute nouvelle réforme majeure du cadre social et professionnel.

Une mise en garde au gouvernement

Dans leur déclaration, les membres du Front Syndical pour la Défense du Travail prennent à témoin l’opinion publique nationale et internationale des « atteintes répétées » qu’ils estiment être portées au dialogue social.

Ils considèrent que le gouvernement porte l’entière responsabilité de toute détérioration du climat social susceptible de découler de cette situation. Les dirigeants syndicaux dénoncent une attitude de fermeture et mettent en garde contre les conséquences que pourrait entraîner l’absence de concertation.

Tout en réaffirmant leur attachement au dialogue social comme mode privilégié de règlement des différends, les organisations syndicales indiquent qu’elles sont prêtes à recourir à tous les moyens légaux mis à leur disposition par la Constitution, les conventions internationales ratifiées par le Sénégal et le Code du travail pour défendre les droits des travailleurs.

À travers cette nouvelle mobilisation, le FSDT entend peser sur un dossier qui touche directement à l’avenir des relations professionnelles dans le pays. L’annonce de cette grève générale ouvre ainsi une nouvelle séquence sociale dont l’issue dépendra largement de la capacité des différentes parties à renouer le dialogue dans les jours à venir.

Michel DIEYE

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