Ce matin, j’ai respiré.
J’ai écouté le Premier ministre Amine Lo. Je ne juge jamais un homme avant de l’avoir écouté. Et je dois dire que son intervention m’a profondément interpellé.
Son parcours, entre l’école militaire et le daara coranique, dit déjà beaucoup : discipline, maîtrise de soi, sens du devoir, respect et service.
Aujourd’hui, il n’est pas venu à l’Assemblée pour polémiquer. Il est venu servir la République.
Il a reconnu le travail accompli avec le Président Diomaye et le Premier ministre Sonko. Il a surtout eu la grandeur de reconnaître les insuffisances et de décrire, sans fard, les difficultés de notre pays.
Il a nommé les maux. Il a posé le diagnostic. Il n’a épargné aucun secteur.
Et il a rappelé une vérité que nous devons tous méditer : changer les hommes ne suffit pas si la vision et les pratiques restent les mêmes.
J’ai surtout apprécié cette manière de corriger sans insulter, de contredire sans humilier, de démontrer sans vociférer.
Voilà la République que j’aime.
Pendant longtemps, le Sénégal a été construit par de grands serviteurs de l’État : des hommes compétents, capables de vous mettre face à vos contradictions sans jamais vous manquer de respect.
Ils ne vous insultaient pas. Ils vous corrigeaient avec élégance.
Ce matin, j’ai retrouvé cette culture.
Mais Monsieur le Premier ministre, votre talent vous impose désormais une responsabilité supplémentaire.
Vous avez décrit le malade. Maintenant, il faut le soigner.
Vous connaissez les problèmes. Vous maîtrisez les dossiers. Vous savez où sont les blocages.
Alors, avec votre Président, il faut maintenant décider, réformer et agir.
Car j’ai toujours dit que les déclarations de politique générale pouvaient changer un pays.
Mais nous avons trop souvent confondu déclarer et réaliser.
Le Sénégal n’a plus besoin de grands discours suivis de petits résultats.
Il a besoin d’actes.
Je salue donc l’homme, son parcours, sa maîtrise, sa courtoisie et surtout cette hauteur républicaine.
Mais je serai demain aussi exigeant que je le suis aujourd’hui admiratif.
Monsieur le Premier ministre, vous avez parlé. Nous vous avons entendu. Maintenant, faites.
Et nous vous jugerons sur les résultats.
Je ne suis dans aucun camp partisan.
Mon parti, c’est le Sénégal.
Thierno Lo
Un Républicain Libre

