Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine 9 Ans Après : Son Héritage Nous Interpelle ! Boubacar Seye

Il y a des hommes dont la disparition laisse un silence. Et puis il y a ceux dont la disparition laisse une parole qui continue de résonner.

Il y a neuf ans, le Sénégal perdait Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine. Neuf années déjà, mais son souvenir demeure vivant dans nos mémoires et surtout dans les cœurs de ceux qui ont eu le privilège de le rencontrer, de l’écouter et de bénéficier de ses conseils.

À titre personnel, je garde de lui un souvenir particulièrement précieux.

Dans le cadre de mes activités avec Horizon Sans Frontières, j’avais eu l’honneur d’être reçu par Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine afin de lui présenter nos préoccupations et de recueillir ses vœux à l’endroit des Sénégalais de l’extérieur.

Cette rencontre avait pour moi une dimension particulière. Parce qu’au-delà de l’autorité religieuse qu’il incarnait, j’avais découvert un homme profondément attentif aux autres, à la situation de notre diaspora et aux préoccupations de ceux qui, loin du Sénégal, continuent de porter leur pays dans leur cœur.

Mais il y a une anecdote que je n’oublierai jamais.

Un jour, après avoir suivi l’une de mes interventions à la télévision, sur la 2STV, Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine avait appelé l’un de ses cousins, celui-là même qui avait facilité notre rencontre.

Et il lui aurait dit, à propos de moi :

« Je viens de suivre Babacar à la télé. Il mérite le soutien de nous tous. Babacar, Djambar là. »

Ces quelques mots sont restés gravés dans ma mémoire.

Parce qu’ils venaient d’un homme dont la parole avait du poids. Mais surtout parce qu’ils traduisaient une qualité devenue rare : savoir reconnaître et encourager celui qui essaie de servir.

« Djambar » — le courageux, celui qui ose, celui qui s’engage.

Je ne sais pas si, ce jour-là, Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine mesurait l’impact que ces quelques mots auraient sur moi. Mais ils m’ont profondément marqué.

Ils m’ont conforté dans une conviction : lorsqu’on choisit de défendre une cause, de porter une voix et de servir son pays, il faut parfois accepter les difficultés, les incompréhensions et même les critiques, sans jamais renoncer à l’essentiel.

C’est aussi cela que je retiens de l’héritage d’Al Amine : l’encouragement, le dialogue, la responsabilité et la recherche permanente de la paix.

À une époque où notre société est traversée par de nombreuses tensions, où les mots peuvent parfois diviser plus qu’ils ne rassemblent, son message garde une étonnante actualité.

Le Sénégal a besoin de cette culture du dialogue. Il a besoin de femmes et d’hommes capables de parler aux uns et aux autres, de rapprocher plutôt que d’opposer, d’apaiser plutôt que d’enflammer.

Il a surtout besoin de transmettre à sa jeunesse cette idée simple : servir son pays ne signifie pas être parfait ; cela signifie avoir le courage de s’engager, de travailler et de rester fidèle à ses convictions.

Neuf ans après sa disparition, je mesure davantage la valeur de cette parole qu’il m’avait adressée.

Je veux donc, en ce jour de souvenir, rendre hommage non seulement au guide religieux, au dignitaire de la confrérie Tidjane et à l’homme de dialogue qu’était Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine, mais également à l’homme qui savait regarder les autres avec bienveillance, reconnaître leurs efforts et leur dire : continuez, vous êtes sur le chemin.

Pour ma part, je continuerai de garder précieusement ces quelques mots :

« Babacar, Djambar là. »

Ils sont devenus, avec le temps, bien plus qu’un souvenir.

Ils sont pour moi une responsabilité.

Une responsabilité de continuer à agir, à défendre les Sénégalais de l’extérieur, à promouvoir la paix, le dialogue et la dignité humaine, et à rester fidèle à cette conviction qu’Al Amine incarnait si bien : la parole n’a de valeur que lorsqu’elle contribue à rapprocher les hommes.

Neuf ans après, son absence se ressent.

Mais son message, lui, demeure.

Que DIEU lui accorde Sa Miséricorde, élève son rang et continue d’inspirer le Sénégal par son héritage de paix, de sagesse et de fraternité.

Reposez en paix, Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine.

Votre voix s’est tue.

Mais votre parole continue de résonner.

Dieyna SENE
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