Une opération conjointe de l’armée et de la gendarmerie a conduit, mardi 27 octobre 2026, à l’interpellation de 28 personnes à Magoukouro, dans le quartier Lyndiane de Colobane, à Ziguinchor. Des téléphones, des documents et des drapeaux présentés comme liés à la Casamance ont également été saisis.
Les forces de défense et de sécurité ont mené une opération conjointe sur le site de Magoukouro, considéré comme le siège de l’aile politique du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC). Selon l’Agence de presse sénégalaise (APS), 28 personnes ont été interpellées au cours de cette intervention, qui s’est déroulée sans incidents majeurs.
Des téléphones, des documents et des drapeaux présentés comme étant ceux de la Casamance figurent parmi les objets saisis. Les circonstances précises de ces interpellations et les suites judiciaires éventuelles n’ont pas été détaillées dans les informations disponibles.
Magoukouro est connu comme un lieu de rassemblement de personnes se réclamant du MFDC. Le site accueille notamment des prières, des réunions et des cérémonies de commémoration en hommage à d’anciens responsables du mouvement, dont les photographies ornent les murs.
L’opération est intervenue le jour du septième anniversaire de l’assassinat d’Abdou Elinkine Diatta, survenu à Mlomp, dans le département de Bignona, en 2019. Celui-ci s’était présenté comme le successeur du chef historique du MFDC, l’abbé Augustin Diamacoune Senghor.
La Casamance reste marquée par l’un des conflits les plus anciens du continent africain. Depuis l’entrée en rébellion d’indépendantistes en décembre 1982, cette crise a provoqué de nombreuses victimes, des déplacements de populations et d’importantes perturbations économiques.
Ces dernières années, toutefois, l’intensité des affrontements a fortement diminué. Les opérations militaires menées en 2024 dans le centre de la Casamance ont permis le démantèlement de plusieurs positions du mouvement et favorisé le retour de centaines de déplacés.
Les tentatives de règlement politique ont, pour leur part, connu des avancées et des blocages. Des accords de cessez-le-feu avaient notamment été signés en mai 1991 et en juillet 1993, sans permettre de résoudre le différend fondamental sur le statut de la Casamance.
Les interpellations de Magoukouro interviennent dans ce contexte sécuritaire et historique sensible. Les suites de l’opération devront permettre de préciser les raisons des arrestations et les éventuelles responsabilités des personnes concernées.

