À l’ouverture du sommet « Africa Forward » à Nairobi, le président français Emmanuel Macron a plaidé pour une refondation du partenariat entre l’Afrique et la France autour de la paix, de la prospérité et de la souveraineté. Le chef de l’État français a également annoncé 23 milliards d’euros d’investissements privés mobilisés sur le continent africain.
Le président français Emmanuel Macron a appelé mardi à Nairobi à construire une relation renouvelée entre l’Afrique et la France, centrée sur l’avenir plutôt que sur les fractures du passé. S’exprimant à l’ouverture du sommet « Africa Forward », devant plusieurs dizaines de chefs d’État et de gouvernement, il a insisté sur la nécessité d’un agenda commun fondé sur la paix, la prospérité et la souveraineté.
Selon l’Agence de presse sénégalaise, APS, le président français a affirmé que « l’agenda que le continent africain et la France doivent avoir (…) n’est en aucun cas de regarder en arrière (…) mais de regarder devant ».
Le chef de l’État français a rappelé les initiatives entreprises depuis plusieurs années pour redéfinir les relations entre Paris et les pays africains. Il a notamment évoqué la restitution d’œuvres d’art africaines, la transformation des relations économiques et monétaires ainsi que les investissements dans le sport, les industries culturelles et créatives et les projets de co-investissement.
Pour Emmanuel Macron, les défis auxquels font face l’Afrique et l’Europe sont similaires. « Nous voulons la paix, la prospérité, la souveraineté », a-t-il déclaré, estimant que le continent africain aspire aux mêmes objectifs d’indépendance stratégique et de développement économique.
Le président français a également insisté sur l’importance de l’unité africaine dans la consolidation de la paix et du poids diplomatique du continent. Il a réaffirmé le soutien de la France à une meilleure représentation de l’Afrique dans les institutions internationales, notamment au Conseil de sécurité des Nations Unies.
Sur le plan économique, Emmanuel Macron a défendu la fin du « logiciel » traditionnel de l’aide publique au profit d’une logique de co-investissement. Il a appelé à investir davantage dans le capital humain, la jeunesse et les talents africains afin d’accompagner la transformation économique du continent.
Le président français a aussi pointé les défis liés à l’informalité économique, estimant qu’elle freine l’émergence de classes moyennes solides et limite les perspectives de croissance durable.
En marge du sommet, un forum d’affaires réunissant les secteurs privés africains et français a permis de mobiliser 23 milliards d’euros d’investissements privés, selon Emmanuel Macron. Ce montant comprendrait 14 milliards d’euros engagés par des entreprises françaises en Afrique et 9 milliards provenant d’investisseurs et d’entrepreneurs africains opérant sur le continent.
Selon APS, le président français considère que le renforcement de la souveraineté africaine dans des secteurs stratégiques comme l’intelligence artificielle, l’agriculture ou l’industrie constitue également un enjeu majeur pour l’Europe et pour l’équilibre du futur ordre multilatéral.

