LFR 2026 : pour préserver les ménages malgré les contraintes , Al Aminou Lô justifie les ajustements budgétaires et tend la main au Parlement

Le Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Lô, a défendu les ajustements prévus dans le projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026, en mettant en avant les difficultés économiques et énergétiques qui pèsent sur les finances publiques. Face à ces contraintes, le gouvernement entend préserver les dépenses sociales essentielles, tout en appelant l’Assemblée nationale à privilégier le dialogue pour sortir des blocages constatés lors de l’examen du texte.

Hier, le chef du gouvernement a d’abord rappelé que la vision Sénégal 2050 demeure le cap de l’action publique, malgré les difficultés conjoncturelles. Selon lui, la révision du budget initial répond à une nécessité objective, liée notamment à la hausse du coût de l’énergie, à la révision de certaines recettes attendues et aux difficultés de mobilisation des financements extérieurs.

La LFR doit ainsi permettre d’adapter les prévisions budgétaires aux réalités de l’exercice, de maintenir les équilibres essentiels et d’assurer la continuité des services publics. Le Premier ministre a notamment souligné que les dépenses de subvention ne peuvent être exécutées au-delà des crédits autorisés, d’où la nécessité de réajuster les autorisations budgétaires dans le respect des règles de gestion des finances publiques.

Préserver les priorités sociales

Dans ses arbitrages, le gouvernement affirme vouloir protéger les ménages contre les conséquences des tensions budgétaires. La santé, l’éducation, la protection sociale et l’accès aux services essentiels restent présentés comme des priorités. L’exécutif privilégie la mobilisation des ressources disponibles et le réaménagement de certaines dépenses plutôt que le transfert direct de la charge supplémentaire vers les citoyens.

Le discours du Premier ministre fait également état de crédits d’investissement de l’ordre de 555 milliards de francs CFA et de la prise en compte de 300 milliards de francs CFA d’arriérés de paiement. Le règlement de ces arriérés devrait contribuer à soulager les entreprises concernées, notamment les petites et moyennes structures, et favoriser la reprise de certains chantiers.

La pression exercée par les dépenses énergétiques constitue cependant une contrainte majeure. Les estimations évoquées dans le dossier budgétaire font ressortir une augmentation de plus de 540 milliards de francs CFA par rapport aux hypothèses initiales. Pour y faire face, le gouvernement a choisi de reporter certaines opérations d’investissement qui ne pourraient être exécutées en 2026, afin de préserver les dépenses jugées prioritaires.

Le financement de l’assainissement de Touba a, par ailleurs, été sécurisé pour 2027. Le gouvernement entend également poursuivre les dispositifs de soutien aux ménages vulnérables, notamment à travers les mécanismes de protection sociale et un meilleur ciblage des bénéficiaires.

Un appel à dépasser les blocages institutionnels

Au-delà des questions budgétaires, Ahmadou Al Aminou Lô a abordé les difficultés rencontrées lors de l’examen du texte au Parlement. Il a rappelé que le droit d’amendement et le contrôle de l’action gouvernementale relèvent pleinement des prérogatives de l’Assemblée nationale, tout en insistant sur le respect du cadre constitutionnel, notamment de l’article 82 relatif aux amendements portant sur les lois de finances.

Regrettant l’absence de consensus en commission, le Premier ministre a appelé les acteurs à poursuivre les échanges dans un cadre institutionnel constructif. Il a également réaffirmé sa disponibilité à discuter avec le président de l’Assemblée nationale, assurant que le gouvernement ne recherchait pas l’affrontement institutionnel, mais une issue permettant à l’État de fonctionner et aux engagements prioritaires d’être honorés.

Enfin, le chef du gouvernement a évoqué la volonté du président de la République de renforcer l’encadrement des crédits spéciaux, dans le respect des procédures et de la Constitution. Il a insisté sur la transparence, la qualité de la dépense publique et la responsabilité dans le débat démocratique.

Pour Ahmadou Al Aminou Lô, l’enjeu reste de concilier les contraintes financières, la protection des populations et la poursuite de la transformation du pays. Il appelle ainsi les différentes institutions à dépasser leurs divergences pour parvenir à une solution compatible avec les impératifs de continuité de l’État et les ambitions de Sénégal 2050.

Michel DIEYE

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