Lèpre : plus de 380 nouveaux cas recensés chaque année au Sénégal, dont 42 à Kaolack, l’une des régions les plus touchées

La lèpre continue de constituer une préoccupation sanitaire et sociale au Sénégal, malgré l’atteinte, depuis 1995, du seuil fixé par l’Organisation mondiale de la santé pour considérer la maladie comme éliminée en tant que problème de santé publique. Selon les chiffres communiqués à Kaolack, le pays enregistre encore plusieurs centaines de nouveaux cas chaque année.

En déplacement dans la région dans le cadre d’un Comité régional de développement (CRD) consacré au suivi de la situation de la lèpre, le directeur de la Protection des groupes vulnérables, Souleymane Dia, a indiqué que 385 cas sont enregistrés chaque année depuis trois ans au niveau national, dont 42 à Kaolack.

Rapportée par le quotidien EnQuête, cette situation place Kaolack parmi les quatre régions du Sénégal présentant les niveaux de prévalence les plus importants. Une mission de terrain a ainsi été organisée afin d’évaluer la situation et de présenter ses conclusions aux autorités.

Souleymane Dia a expliqué que cette rencontre s’inscrit dans le cadre d’une mission conjointe de supervision et de plaidoyer, dans un contexte marqué notamment par l’abrogation de la loi 76-03 et par la volonté affichée de l’État de réorienter ses politiques publiques autour de l’inclusion sociale, conformément aux orientations de l’Agenda national de transformation systémique Sénégal 2050.

Pour le responsable, l’abrogation de cette loi ne doit toutefois pas être considérée comme un retrait de l’État. Elle traduit plutôt, selon lui, une nouvelle approche destinée à renforcer l’inclusion sociale, l’équité territoriale et la cohésion nationale.

La mission, conduite par la Direction générale de l’Action sociale en collaboration avec la DAHW, le Programme national d’élimination de la lèpre (PNEL) et les autres acteurs concernés, porte notamment sur l’avenir de l’ex-village de reclassement social de Koutal.

D’après les conclusions présentées, plusieurs acquis résultant de décennies d’efforts conjoints de l’État, des partenaires et des communautés sont à préserver. Des fragilités persistent cependant, notamment sur les plans institutionnel et socio-économique. Les populations concernées expriment également des attentes en matière d’accès aux droits, de reconnaissance et de citoyenneté, dans un contexte où la discrimination et la stigmatisation demeurent des défis majeurs.

Dans ce contexte, le Gouvernement entend notamment mettre en œuvre le Programme de résilience des communautés affectées par la lèpre et leurs familles (PRCAL). Les priorités identifiées concernent la clarification du cadre institutionnel après l’abrogation de la loi 76-03, la sécurisation des acquis sociaux, fonciers et communautaires, le renforcement du rôle des collectivités territoriales et l’implication directe des communautés dans les différentes étapes du programme.

Le quotidien EnQuête rapporte que Souleymane Dia souhaite ainsi voir Koutal et les anciens villages de reclassement social sortir progressivement d’une logique fondée sur la stigmatisation et l’assistance, pour devenir des espaces de résilience, de dignité et de participation au développement national.

Oumou Khaïry NDIAYE
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