Face aux lenteurs administratives qui affectent le fonctionnement des juridictions, l’Inspection Générale de l’Administration de la Justice (IGAJ) entend renforcer les mécanismes de contrôle, de suivi et d’évaluation. Un séminaire consacré au management, au contrôle et à l’innovation s’est tenu ce mercredi 30 septembre 2026 au Centre de Formation Judiciaire (CFJ).
L’Inspection Générale de l’Administration de la Justice (IGAJ) s’engage à donner un nouvel élan au contrôle et au management des juridictions. C’est dans cette perspective qu’elle a organisé, ce mercredi 30 septembre 2026 au Centre de Formation Judiciaire (CFJ), un séminaire consacré au management, au contrôle et à l’innovation dans l’activité des juridictions et de leur ressort.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du « renforcement des pouvoirs d’inspection et de contrôle des chefs de cour et de juridiction », conformément aux recommandations du Garde des Sceaux, Ministre de la Justice. Elle part également d’un constat établi par l’IGAJ lors de ses différentes missions au sein des juridictions.
Selon l’IGAJ, la plupart des chefs de cour et de juridiction accorderaient davantage de priorité à leurs activités juridictionnelles qu’aux tâches administratives et de contrôle. Le séminaire vise ainsi à favoriser les échanges autour des difficultés liées au contrôle des juridictions, mais également au déficit de personnel.
Pour Cheikh Tidiane Lam, Inspecteur Général de l’IGAJ, l’enjeu est notamment d’améliorer les différents points de contrôle afin de rendre la justice plus fluide. « Pour ce qui est du fonctionnement de l’administration, il y a des exigences qui appellent au contrôle », a-t-il expliqué, relevant que ce contrôle n’est pas toujours suffisamment exercé et que cette situation peut affecter la bonne distribution de la justice.
L’Inspecteur Général de l’IGAJ souhaite ainsi sensibiliser les chefs de cour, les chefs de juridiction et les responsables des différents services sur l’importance du contrôle, du suivi et de l’évaluation. Ces mécanismes pourraient notamment contribuer à répondre aux plaintes des justiciables relatives aux lenteurs et à la disponibilité de certains actes.
Le déficit de personnel au cœur des difficultés
Au-delà de la question du contrôle, le séminaire a également abordé le déficit en ressources humaines. Magistrats, greffiers et archivistes sont notamment concernés par cette insuffisance de personnel, présentée comme l’un des facteurs pouvant contribuer aux lenteurs administratives.
Cheikh Tidiane Lam a rappelé que les juges ne sont pas uniquement appelés à rendre des décisions. Ils doivent également traiter et signer une série d’« actes divers », nécessitant leur intervention. Or, le nombre de magistrats reste insuffisant au regard des besoins.
Selon les chiffres avancés par l’IGAJ, le Sénégal compte un peu plus de 500 magistrats, tandis que le nombre de greffiers est encore inférieur. La situation est particulièrement marquée au niveau des archives : seulement 16 archivistes sont disponibles pour plus d’une soixantaine de juridictions, auxquelles s’ajoutent 16 directions au niveau central.
Dans le même temps, la justice rend en moyenne 143 000 décisions par an. Les décisions pénales sont également confrontées à des difficultés liées au manque de personnel et de moyens.
La modernisation des procédures constitue dès lors un autre enjeu. Pour Cheikh Tidiane Lam, la réduction de l’usage du papier figure parmi les leviers de modernisation de la justice. Le ministère s’est engagé dans cette voie à travers le concept « E-Justice », destiné à dématérialiser les actions et à informatiser les chaînes de traitement, avec l’objectif de renforcer la transparence et la bonne gouvernance.
Correspondance particulière de
Papa S Traoré

