À l’occasion de la Fête internationale du travail, le Syndicat national des travailleurs des postes et télécommunications (SNTPT) a dressé un diagnostic alarmant de la situation de La Poste, pointant une gouvernance jugée défaillante et appelant à une mobilisation des travailleurs pour sauver l’entreprise.
Réuni le 1er mai 2026 aux Colis Postaux, le Syndicat national des travailleurs des postes et télécommunications (SNTPT) a profité de la célébration de la fête du Travail pour tirer la sonnette d’alarme sur la situation de La Poste. Son secrétaire général, Ibrahima Sarr, a livré un réquisitoire sévère contre l’actuelle direction générale, dénonçant une gestion « chaotique et catastrophique », inédite selon lui dans l’histoire de l’institution.
Face aux travailleurs, le responsable syndical a évoqué une entreprise en perte de repères, marquée par une démoralisation généralisée du personnel. Il a notamment critiqué un déficit de leadership et de management, estimant que la dimension relationnelle essentielle à la conduite des réformes fait aujourd’hui défaut.
Le SNTPT accuse également la direction d’avoir élaboré un plan stratégique « de façade », sans implication des travailleurs. Une démarche jugée contre-productive dans un contexte où l’entreprise nécessite, selon le syndicat, des réformes inclusives et structurantes.
Parmi les griefs soulevés figure aussi la rénovation, à hauteur de 50 millions de FCFA, de la résidence de fonction du directeur général, réalisée selon le syndicat en pleine crise et en dehors des ressources budgétaires. Un acte qualifié de « faute grave » et symptomatique d’une mauvaise gouvernance.
Sur le terrain, les infrastructures postales se dégradent. Le syndicat cite notamment le bureau de Dakar Fann, autrefois vitrine du réseau, aujourd’hui en état de délabrement avancé. D’autres structures stratégiques, comme les recettes principales de Kaolack et de Ziguinchor, restent fermées faute de réhabilitation, aggravant la crise du service public postal.
Malgré ce tableau sombre, le SNTPT appelle les travailleurs à refuser la résignation et à s’engager dans les combats nécessaires pour redresser La Poste et restaurer des conditions de travail dignes.

