La finance islamique au cœur d’une session stratégique pour les médias: une trentaine de journalistes du COJES outillés par le FDMI

En prélude à son lancement officiel prévu le 21 avril 2026, le Fonds de Développement de la Microfinance Islamique (FDMI) a réuni, à Dakar, près d’une trentaine de journalistes économiques pour une session de formation dédiée aux enjeux, principes et instruments de la finance islamique, un levier clé des nouvelles orientations économiques du Sénégal.

À l’heure où le Sénégal amorce une transformation structurelle de son économie à travers la vision « Sénégal 2050 », la mobilisation de ressources financières innovantes et diversifiées s’impose comme une nécessité stratégique. C’est dans ce contexte que le Fonds de Développement de la Microfinance Islamique (FDMI) organise, les 14 et 15 avril 2026 à Dakar, une session de renforcement des capacités à l’intention des journalistes économiques.

Ils étaient près d’une trentaine de professionnels des médias à prendre part à cette première journée, marquée par des échanges riches et des panels approfondis sur les fondements de la finance islamique, appelée à jouer un rôle central dans les politiques publiques à venir.

Un levier stratégique pour la vision Sénégal 2050

Au Sénégal, la finance islamique s’impose progressivement comme un instrument clé pour soutenir les ambitions économiques du pays. Elle est désormais intégrée dans les grandes orientations de l’Agenda national de transformation « Sénégal 2050 » ainsi que dans la Lettre de Politique Sectorielle de Développement (LPSD 2025-2029) du ministère en charge de la microfinance et de l’Économie sociale et solidaire.

L’écosystème national a connu des avancées significatives ces dernières années, notamment avec la création du FDMI, structure autonome dotée de la personnalité juridique, mais aussi avec l’émergence d’institutions financières proposant des produits conformes aux principes islamiques.

À cela s’ajoutent des réformes structurantes, telles que la mise en place d’un cadre juridique pour le Waqf depuis 2015, l’adoption en 2025 de nouvelles lois bancaires intégrant la finance islamique, ou encore les émissions successives de Sukuk qui ont permis de mobiliser plus de 600 milliards de francs CFA sur le marché régional.

Le FDMI, un instrument catalyseur

Procédant à l’ouverture officielle de la session, le Dr Abdou Karim Diaw, administrateur général du FDMI, a souligné l’importance de cette initiative, organisée en amont du lancement officiel du fonds.

Présenté comme le premier fonds national dédié à la microfinance islamique en Afrique de l’Ouest, le FDMI se veut un outil catalyseur au service de l’inclusion économique et sociale. Il assure notamment la gestion du Programme de Développement de la Microfinance Islamique (PROMISE), fruit d’un partenariat entre l’État du Sénégal et la Banque islamique de développement.

Dans son intervention, Dr Diaw a insisté sur la mission du FDMI, qui consiste à mobiliser et orienter des ressources financières conformes aux principes de la finance islamique, en les canalisant vers des institutions de microfinance partenaires. L’objectif étant de financer prioritairement les PME et les acteurs de l’économie sociale et solidaire.

Au-delà du financement, le fonds entend également offrir des services non financiers, notamment en matière de formation, d’éducation financière et d’appui technique.

Le rôle stratégique des journalistes économiques

Dans un environnement marqué par la complexité croissante des instruments financiers, le rôle des journalistes économiques apparaît plus que jamais déterminant. Selon Dr Diaw, ces derniers sont appelés à vulgariser les concepts de la finance islamique, à informer avec rigueur et à sensibiliser les populations sur les opportunités qu’elle offre.

D’où la pertinence de cette session de formation, organisée en partenariat avec le Collectif des Journalistes Économiques du Sénégal (COJES), et qui vise à renforcer la compréhension des principes distinctifs, des mécanismes et des instruments de ce modèle financier alternatif.

Des panels techniques et interactifs

La première journée a été marquée par des interventions techniques de haut niveau. L’expert Cheikh Oumar Ndiaye a notamment proposé une lecture approfondie de la finance islamique, en revenant sur son évolution historique, ses principes fondamentaux – notamment l’interdiction de l’intérêt (riba) et la promotion du partage des risques – ainsi que sur ses principaux instruments.

Les échanges ont également porté sur l’intermédiation financière des institutions financières islamiques, suscitant de nombreuses questions de la part des participants, preuve de l’intérêt croissant pour ce segment encore en développement.

À travers cette initiative, le FDMI pose ainsi les bases d’une meilleure appropriation médiatique de la finance islamique, condition essentielle pour accompagner son expansion et en faire un véritable moteur de développement inclusif.

La seconde journée devrait être consacrée, entre autres, à la présentation de données chiffrées et de bilans, permettant d’apprécier plus concrètement le potentiel et les perspectives de la finance islamique au Sénégal.

Michel DIEYE

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Michel DIEYE

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