Au Rwanda comme au Kenya, les producteurs de café multiplient les efforts pour améliorer la qualité, accroître leurs revenus et renforcer leur présence sur les marchés internationaux. Avec l’appui de la FAO, les deux pays développent des initiatives destinées à professionnaliser davantage les filières et à mieux valoriser le travail des petits producteurs.
Dans la région de Huye, au sud du Rwanda, la récolte du café obéit à un processus particulièrement rigoureux. Les producteurs sélectionnent les cerises arrivées à maturité avant de les acheminer vers les postes de tri, où seules les meilleures sont conservées.
À la station de lavage de Kyarumba, les fruits font ensuite l’objet d’un nouveau contrôle. Aphrodis Twagirayezu, agronome et responsable de la station, explique que les cerises sont plongées dans un bassin d’eau afin d’écarter celles qui flottent. Les fruits les plus denses, considérés comme de meilleure qualité, coulent tandis que les autres sont retirés.
Après cette sélection, les cerises poursuivent leur transformation à travers différentes étapes : dépulpage, fermentation, lavage et séchage. Cette organisation contribue au développement des cafés de spécialité rwandais, commercialisés à des prix plus élevés sur certains marchés internationaux.
La multiplication des stations de lavage et la formation des producteurs et des personnes chargées du tri ont accompagné cette évolution de la filière. Le Rwanda cherche ainsi à améliorer progressivement la qualité de sa production et à mieux rémunérer les producteurs.
Au Kenya, les enjeux sont similaires, même si le pays produit davantage de café que le Rwanda. La caféiculture y est pratiquée dans 33 des 47 comtés et constitue une importante source d’emplois et de revenus pour les populations rurales.
Dans le comté de Baringo, une coopérative confrontée à une baisse de sa production et de ses adhérents a entrepris une série de réformes portant notamment sur sa gouvernance et sa gestion. Avec l’appui du Mécanisme forêts et paysans de la FAO, elle a bénéficié d’une subvention de 30 000 dollars destinée à accompagner son redressement.
Les résultats enregistrés en moins de trois ans sont présentés comme significatifs. Le nombre d’adhérents est passé de 756 à près de 1 200 producteurs. Dans le même temps, la proportion de femmes et de jeunes est passée d’environ 10 % à 40 %.
La formation constitue également un axe important de cette transformation. Jackson Lenge, président de la Tenges Farmers’ Cooperative Society Ltd, souligne notamment la participation des membres à la planification et aux formations consacrées au développement de la filière, depuis l’installation des plantations jusqu’à l’entretien des cultures.
Au Rwanda, le café constitue une priorité nationale dans le cadre de l’initiative « Main dans la main » de la FAO. Le pays entend notamment s’appuyer sur les partenariats public-privé, les nouveaux modèles économiques et les solutions agrotechnologiques pour développer davantage la filière et mobiliser les jeunes.
À l’échelle africaine, la filière représente également un enjeu économique important. Le continent assure 17 % de la production mondiale de café et 12 % des exportations mondiales, générant des recettes en devises et des échanges commerciaux avec de nombreux marchés internationaux.
À travers les expériences du Rwanda et du Kenya, la FAO met ainsi en avant les efforts de producteurs et de coopératives qui cherchent à conjuguer amélioration de la qualité, organisation collective et accroissement des revenus ruraux.
L’histoire originale et les photos associées sont disponibles sur: https://www.fao.org/newsroom/story/celebrating-coffee-and-its-farmers/fr

