Grève à Senelec : le SUTELEC oppose ses arguments juridiques à la Direction générale

En réponse à la note d’information de la Direction générale de Senelec sur le mouvement de grève annoncé du 21 au 23 octobre 2026, le Syndicat unique des travailleurs de l’électricité (SUTELEC) défend la régularité de sa participation au débrayage national de 72 heures. L’organisation syndicale invoque son appartenance à l’UNSAS, l’existence d’un préavis déposé par le Front syndical pour la défense du travail (FSDT) et une décision prise par ses instances dirigeantes.

Le bras de fer se précise entre la Direction générale de Senelec et le SUTELEC à l’approche de la grève annoncée pour les 21, 22 et 23 octobre. Après la publication d’une note faisant état de l’absence de préavis formel directement adressé à la direction, le syndicat a adressé une mise au point au directeur général, Papa Toby Gaye, pour expliquer les fondements de sa participation au mouvement.

Le SUTELEC affirme que sa décision de rejoindre cette mobilisation nationale a été prise à l’issue de la réunion de son Conseil syndical national du 3 octobre 2026. Il précise qu’il s’agit de suivre le mot d’ordre de grève de 72 heures lancé par le FSDT, auquel l’Union nationale des syndicats autonomes du Sénégal (UNSAS) est partie prenante.

Le syndicat insiste d’abord sur son appartenance à l’UNSAS. Il se présente comme membre fondateur de cette centrale syndicale et affirme en être toujours membre à part entière. À l’appui de sa position, il cite l’article 3 du règlement intérieur de l’UNSAS, qui encadre les conditions de perte de la qualité de membre, notamment en cas de démission, d’exclusion ou de dissolution.

Or, selon le SUTELEC, aucune de ces situations ne le concerne. Il affirme n’avoir ni démissionné ni fait l’objet d’une procédure d’exclusion et estime, par conséquent, que son appartenance à la centrale syndicale demeure pleinement effective.

Sur la question du préavis, l’organisation soutient que le mouvement des 21, 22 et 23 octobre s’inscrit dans le cadre d’une action collective engagée par le FSDT. Elle indique que le front a officiellement déposé un préavis auprès du ministère chargé du Travail et que le délai correspondant est arrivé à expiration.

Pour le SUTELEC, l’absence alléguée d’un préavis distinct adressé directement à la Direction générale de Senelec ne suffit donc pas, à elle seule, à établir l’irrégularité de sa participation. Le syndicat estime que l’appréciation juridique doit également tenir compte du contenu du préavis collectif, de son champ d’application, des organisations concernées et des textes en vigueur.

Le droit de grève et l’autonomie syndicale au cœur du différend

Le SUTELEC réaffirme par ailleurs que la décision de participer au mouvement relève de la compétence de ses instances syndicales. Il invoque l’exercice des libertés syndicales et le droit de grève reconnu par la Constitution sénégalaise, notamment en son article 25.

L’organisation considère également que la Direction générale de Senelec ne peut se substituer aux instances compétentes de l’UNSAS pour déterminer la qualité de membre d’un syndicat ni remettre en cause les décisions prises par ses propres organes.

Cette mise au point place ainsi le débat sur deux terrains : la régularité juridique du mouvement collectif et la portée du préavis déposé par le FSDT. À la veille du débrayage annoncé, les positions restent opposées entre la direction de l’entreprise, qui appelle à la poursuite normale du service, et le syndicat, qui défend sa participation à la mobilisation nationale.

Dieyna SENE
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