Éducation nationale : Guirassy revendique 99 % d’exécution des accords et interpelle le G7

(Avec Vox populi)- À l’approche de la grève annoncée par le G7, le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, a appelé les syndicats d’enseignants à faire preuve de responsabilité et à lever leur mot d’ordre. Il affirme que 99 % des points du protocole d’accord relevant de son ministère et arrivant à échéance au plus tard fin octobre ont été traités, tout en reconnaissant que certaines difficultés demeurent.

Le bras de fer entre le gouvernement et les syndicats d’enseignants se poursuit à la veille des perturbations annoncées dans le secteur de l’éducation. Lors du point de presse du gouvernement, le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, a exprimé sa surprise face au mot d’ordre de grève du G7, estimant que les conditions d’un dialogue demeurent réunies.

Le ministre a rappelé que, depuis la signature du protocole d’accord du 16 avril 2026, le comité de suivi mis en place au sein de son département organise des rencontres mensuelles, voire bimensuelles, avec la participation des organisations syndicales. Ces réunions, a-t-il expliqué, visent à mieux articuler le suivi des engagements, leur mise en œuvre et le respect des échéances.

Sur le bilan des accords, Moustapha Guirassy soutient que 99 % des points du protocole relevant de son ministère et dont l’échéance est fixée au plus tard à la fin du mois d’octobre ont été traités. Il précise qu’un seul point reste en suspens : la formation diplômante des instructeurs adjoints et des maîtres contractuels, prévue à partir des grandes vacances scolaires de 2026.

Selon le ministre, les rapports de suivi ont été partagés et transmis à la Fonction publique afin d’alimenter les travaux du comité technique chargé du suivi des accords. Il estime ainsi que les avancées enregistrées devraient contribuer à la réalisation des engagements pris dans le cadre du Pacte.

Moustapha Guirassy affirme néanmoins ne pas nier les difficultés rencontrées par les travailleurs ni contester leur droit légitime à faire entendre leurs revendications. Il appelle cependant à tenir compte des conséquences potentielles d’une grève sur les élèves, les familles et le fonctionnement du système éducatif.

« Aucun pays ne peut se construire dans un climat délétère permanent de contestation systématique et de paralysie des services publics », a-t-il soutenu, mettant en garde contre les effets d’une succession de mouvements sociaux sur la paix sociale et l’image du Sénégal à l’international.

Pour étayer son argumentaire, le ministre a cité plusieurs avancées dans l’exécution du protocole. Les indemnités dues aux formateurs externes des Centres régionaux de formation des personnels de l’éducation (CRFPE) pour les années 2023 à 2025 auraient ainsi été intégralement payées, à titre dérogatoire.

S’agissant des indemnités de fin d’examen, le taux de paiement dépasserait déjà 75 %, tandis que les procédures se poursuivent pour les dossiers restants. Le ministre a également indiqué que des commissions associant l’administration et les représentants syndicaux avaient travaillé sur les indemnités de sujétion et les critères d’éligibilité à certaines classes spéciales, avant de transmettre leurs propositions aux instances compétentes.

Le calendrier de la mobilisation syndicale constitue toutefois un autre point de friction. Moustapha Guirassy juge particulièrement préjudiciable une grève intervenant au moment de la reprise des cours et à l’approche des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026. Il estime qu’une telle mobilisation pourrait affecter les élèves et les familles, mais également l’image du pays à quelques jours d’un événement international majeur.

Le ministre a ainsi plaidé pour une trêve sociale, au moins pendant la période des JOJ, estimant que les enjeux de réputation internationale et de cohésion nationale devraient inciter les parties à privilégier l’apaisement.

En dépit de ses critiques, Moustapha Guirassy assure que les portes de son ministère restent ouvertes à la discussion. Il exhorte finalement les enseignants à faire preuve de « sens des responsabilités » et d’« élégance républicaine », tout en les appelant à lever leur mot d’ordre de grève.

(Avec Vox populi)

Dieyna SENE
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