Filière mangue : le Sénégal améliore ses performances à l’export, malgré des défis persistants

La filière mangue sénégalaise semble avoir mieux maîtrisé les difficultés phytosanitaires qui avaient lourdement affecté ses exportations ces dernières années. À l’issue de la campagne 2026, les acteurs affichent un certain optimisme, même si plusieurs contraintes continuent de peser sur les performances du secteur.

L’info est de l’Agence Ecofin qui indique « Principal fruit exporté par le Sénégal, la mangue avait connu d’importantes perturbations sur le marché européen, notamment en raison des problèmes liés à la mouche des fruits. Après plusieurs années difficiles, la filière semble progressivement redresser la tête. »

Plus d’un mois après la fin de la campagne commerciale, en juillet, aucun bilan officiel n’avait encore été publié par la Direction de la protection végétale (DPV). Des estimations avancées par les professionnels font toutefois état d’une amélioration des volumes exportés vers l’Europe.

En août dernier, Amadou Ndiaye Seck, directeur d’A.N.S Inter-Export et membre du conseil d’administration de l’interprofession mangue sénégalaise, indiquait à FreshPlaza que les exportations vers l’Europe avaient dépassé 19 000 tonnes, contre 14 000 tonnes lors de la campagne précédente.

D’autres acteurs appellent néanmoins à la prudence. Aminata Diouf, directrice générale du Domaine agricole de Nema, dans la région de Fatick, estime qu’il est encore trop tôt pour établir un bilan définitif, la DPV n’ayant pas encore réuni l’ensemble des acteurs de la filière.

La campagne 2026 semble toutefois avoir permis des avancées dans la lutte contre la mouche des fruits, principal fléau auquel les producteurs et exportateurs sont confrontés. Le Sénégal avait particulièrement souffert de ce ravageur en 2022, année durant laquelle 32 cargaisons avaient été interceptées sur les marchés internationaux pour cause d’infestation.

Cette situation avait contribué à une forte baisse des exportations, ramenées à 17 903 tonnes en 2022, puis à environ 12 000 tonnes en 2024. La saison avait également été fortement raccourcie, passant à six semaines contre une moyenne habituelle de douze à seize semaines.

Selon l’Agence Ecofin, l’amélioration observée ces dernières années est notamment liée au renforcement des investissements publics et aux efforts de l’autorité phytosanitaire. Des pièges contre la mouche des fruits ont été installés, tandis que les agents de la DPV ont renforcé les contrôles dans les vergers et les centres de conditionnement.

Cette amélioration était d’autant plus nécessaire que l’Union européenne avait demandé, en juillet 2025, aux autorités sénégalaises de renforcer la lutte contre la mouche des fruits et d’améliorer la conformité phytosanitaire des mangues destinées au marché européen.

Le marché européen représente un enjeu majeur pour le Sénégal, puisqu’il absorbe près de la moitié des ventes de mangues du pays, notamment à destination des Pays-Bas, de la France et de l’Espagne. Pour les professionnels, il s’agissait donc d’éviter un durcissement des restrictions commerciales, voire une suspension des exportations.

Mais la filière reste confrontée à d’autres difficultés. Des exportateurs ont notamment signalé des problèmes liés au calibre des fruits, à certains défauts naturels et à l’anthracnose. Des lots auraient également été interceptés aux frontières européennes pour diverses raisons, parmi lesquelles l’insuffisance des agents phytosanitaires et l’existence de vergers sauvages insuffisamment traités.

L’Agence Ecofin souligne que ces professionnels plaident ainsi pour un renforcement des moyens humains de la DPV, mais aussi pour davantage de formation afin de permettre aux équipes d’identifier les fruits présentant des signes d’attaque avant leur conditionnement et leur expédition.

La filière réclame également la formation d’auxiliaires phytosanitaires susceptibles d’appuyer les agents de la DPV sur le terrain. Un enjeu important pour un secteur qui demeure l’un des principaux pourvoyeurs d’emplois journaliers dans l’horticulture sénégalaise.

Retenons de l’agence Ecofin que la campagne 2026 apparaît donc comme une étape encourageante pour la filière mangue, sans pour autant signifier que les principaux défis phytosanitaires et commerciaux sont définitivement réglés.

Momar Diack SECK
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