Du rêve au réel ! Par Adama Aly Pam

Jacques Brel disait, dans un entretien resté célèbre avec Jacques Chancel dans la mythique émission Radioscopie, que le malheur naît de l’écart entre le rêve et le réel.

Rapportée au Sénégal, cette idée prend une résonance particulière. Le dilemme de beaucoup, aujourd’hui dans le camp du pouvoir, se situe précisément là : entre le président rêvé et le président élu. Un parlementaire avait  même formulé l’idée  d’un président légitime et de président en exercice. À force de distinctions, on s’y perd. À force d’y croire, on s’y fâche.

Et pourtant, l’espoir demeure. 2029 devient une promesse, un horizon d’attente et peut-être une autre « atum naatange » que Léopold Sédar Senghor appelait de ses vœux — une rupture, une vraie, cette fois.

Avant l’arrivée de PASTEF au pouvoir, les Sénégalais étaient malheureux. Aujourd’hui, ils sont mécontents. Ce n’est pas la même chose. Et il faut peut-être y voir un progrès. Peut-être est-ce cela, la rupture : passer du malheur au goût de l’inachevé.

Un inachevé qui agace, mais qui laisse encore une place à l’attente. À l’espoir. À cette idée tenace que 2029 sera la bonne.

Mais une question demeure, simple et brutale : avons-nous le temps ? Et surtout, avons-nous encore envie d’en perdre ? La vérité simple et crue est que l’équipe au pouvoir n’a pas le droit d’échouer. Elle est condamnée à réussir pour ses millions de rêves de jeunes Sénégalais qui ont crû en elle, qui ont rêvé tellement fort du dedans des frontières du continent comme de la diaspora.Car si le réel trahit encore le rêve, alors ce ne sera plus une alternance. Ce sera une fatigue. Et la fatigue des peuples est toujours le début des imprévus.

Kaaw Paam

Dieyna SENE
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