Préoccupé par la montée des discours xénophobes et des campagnes de désinformation visant des communautés étrangères, particulièrement africaines, le Cadre unitaire de l’islam au Sénégal (CUDIS) appelle à préserver la paix sociale et le vivre-ensemble. Dans un communiqué publié le 21 octobre 2026, il invite les autorités, les guides religieux, les médias et les citoyens à combattre la haine et à renforcer la fraternité entre les communautés.
Le Sénégal doit préserver son identité de terre d’accueil et de brassage culturel. C’est le message porté par le Cadre unitaire de l’islam au Sénégal, qui exprime sa vive préoccupation face à la multiplication de propos hostiles aux étrangers et de campagnes de désinformation susceptibles d’attiser les tensions communautaires.
Dans son communiqué intitulé « Halte à la xénophobie ! », le CUDIS rappelle que l’histoire du Sénégal s’est construite autour des échanges, des migrations et du métissage. Des différentes régions du pays aux grandes villes, cette diversité constitue, selon l’organisation, une composante essentielle de l’identité nationale et un facteur de cohésion.
Le CUDIS souligne également la portée de la teranga, qu’il présente comme une valeur religieuse et sociale fondée sur l’accueil, le respect et la solidarité. Il s’appuie sur les enseignements de l’islam pour rappeler l’importance de l’hospitalité et de la reconnaissance de la diversité humaine.
L’organisation met par ailleurs en avant la présence de nombreux Sénégalais dans différents pays africains, où ils contribuent à la vie économique, culturelle et sociale de leurs sociétés d’accueil. Elle estime que cette réalité impose une exigence de réciprocité : les Africains vivant au Sénégal doivent bénéficier du même respect que celui attendu pour les Sénégalais établis à l’étranger.
Pour autant, le CUDIS rappelle que l’hospitalité s’accompagne de responsabilités. Les étrangers résidant au Sénégal sont appelés à respecter les lois de la République, les coutumes et les valeurs en vigueur, tandis que l’État doit veiller à l’application des textes dans le respect des droits humains.
L’organisation condamne fermement les discours de haine, les actes de stigmatisation fondés sur l’origine, la nationalité, l’ethnie, la religion ou la condition sociale, ainsi que les violences verbales et physiques visant les personnes étrangères. Elle met également en garde contre l’instrumentalisation politique ou médiatique de la peur de l’autre et les manipulations destinées à diviser les communautés.
Une mobilisation collective contre la haine
Pour prévenir ces dérives, le CUDIS appelle les guides religieux, les imams, les prédicateurs et les enseignants à multiplier les messages de tolérance et de fraternité. Il invite les médias, les influenceurs et les acteurs du numérique à faire preuve de responsabilité et à refuser toute complaisance envers la désinformation.
Les jeunes sont également exhortés à résister aux discours de division et à préserver les liens de fraternité africaine. L’organisation demande aux autorités compétentes de protéger les personnes vulnérables, de faire respecter la loi et de sanctionner les auteurs d’actes ou de propos xénophobes.
Dans cette dynamique, le CUDIS annonce l’organisation prochaine d’une Semaine du Vivre-ensemble au Sénégal, avec l’appui des plus hautes autorités et la collaboration des institutions, des confessions religieuses et des forces vives de la nation. Cette initiative doit notamment permettre de promouvoir un Pacte national pour le vivre-ensemble, de renforcer le dialogue interreligieux et de mobiliser l’école, la jeunesse, les médias et les territoires.
À travers cet appel, le CUDIS réaffirme que la préservation de la cohésion nationale relève d’une responsabilité collective. Il invite les Sénégalais et les communautés étrangères à ne pas laisser la haine et la désinformation fragiliser une tradition d’ouverture qu’il considère comme un héritage historique et un engagement pour l’avenir

