Déclaration Liminaire de la Cds, À L’occasion Des Deux Ans Du Nouveau Régime Diomaye Sonko

Mesdames, Messieurs les journalistes,

La La Confédération Pour La Démocratie Et Le Socialisme (CDS) vous remercie de votre présence à cette conférence de presse qu’elle organise pour partager avec l’opinion sa lecture des deux années de gouvernance du régime Pastef.

 

Deux ans !

Deux années pleines au cours desquelles un peuple, dans sa pleine souveraineté , a  confié son destin à une équipe sur la base d’une promesse de rupture, de redressement et d’espérance. Deux années au terme desquelles il nous revient, avec gravité, de regarder la réalité en face.

Gouverner, ce n’est pas proclamer ; c’est transformer.

Gouverner, ce n’est pas dénoncer ; c’est bâtir.

Gouverner, ce n’est pas diviser ; c’est rassembler et élever.

 

Or, force est de constater que le Sénégal, loin d’avoir été relevé, a été fragilisé. Loin d’avoir été apaisé, le Sénégal a été fracturé. Loin d’avoir été projeté vers l’avenir, le pays a été enfermé dans les impasses de l’improvisation et de la conflictualité permanente.

Ce qui nous était annoncé comme une rupture historique s’est révélée être une rupture de méthode, une rupture de stabilité, une rupture de confiance.

 

Oui, au terme de ces deux années, le constat est sans appel : nous assistons à une décadence multiforme de l’État et de la société.

 

  1. Décadence Financière : L’imprudence Érigée En Doctrine

 

Une nation ne se gouverne pas dans le fracas des révélations spectaculaires, mais dans la rigueur des équilibres et la constance de la crédibilité. En matière financière, la parole de l’État est un actif stratégique. Elle engage la confiance, conditionne l’investissement et garantit la stabilité. En choisissant de dramatiser à l’excès la situation héritée, sans en mesurer les conséquences systémiques, le régime a fragilisé les fondements mêmes de cette crédibilité.

 

– Une détérioration préoccupante des relations avec les partenaires techniques et financiers, notamment le FMI ;

– Une défiance croissante des investisseurs, attentifs avant tout à la stabilité et à la prévisibilité ;

– Un climat d’incertitude financière qui entrave les perspectives de croissance.

À ce jour, aucun plan de redressement économique et financier structuré, lisible et efficace n’a été présenté.

L’État navigue à vue, et le pays en subit les turbulences.

 

  1. Décadence Économique : L’arbitraire Contre La Production*

 

L’économie repose sur des règles claires, stables et rationnelles. Elle ne prospère ni dans l’arbitraire, ni dans la brutalité décisionnelle. Lorsqu’un État substitue l’improvisation à la planification, c’est toute la chaîne de production qui vacille.

Les décisions prises ces deux dernières années témoignent d’une méconnaissance préoccupante des mécanismes économiques et des réalités sectorielles.

– Paralysie du secteur du BTP, frappé indistinctement, sans différenciation entre conformité et irrégularité ;

– Politiques incohérentes dans la filière arachidière : restrictions à l’exportation, taxation inadaptée, fixation autoritaire des prix ;

– Imposition de quotas irréalistes à la SONACOS, en contradiction flagrante avec ses capacités industrielles.

Aujourd’hui, le monde rural vacille. Les producteurs sont asphyxiés, contraints de sacrifier leurs réserves pour survivre.

Le risque d’une crise alimentaire en période de soudure n’est plus théorique ; il est imminent.

 

Iii. Décadence Sociale : La Rupture Du Contrat Social

 

Le contrat social est le socle invisible mais essentiel de toute nation. Il repose sur une promesse simple. Celle qui impose que l’État protège, accompagne et garantisse la dignité de chacun. Lorsque cette promesse est rompue, c’est la cohésion nationale elle-même qui s’effrite.

Depuis deux ans, les signaux de rupture se multiplient, traduisant une gouvernance déconnectée des réalités sociales.

– Plus de 30 000 licenciements, ayant plongé des milliers de familles dans la précarité ;

-Les secteurs de la santé et de l’education en berne faute d’une oreille attentive de la part des gouvernants

– Une gestion des revendications étudiantes fondée sur la répression plutôt que sur le dialogue ;

– Des ponctions aveugles sur les salaires des enseignants ;

– L’expulsion des marchands ambulants sans solutions alternatives viables.

– Au total un secteur social en plein marasme et en pleine ébullition sans perspective de solutions

 

Un État qui fragilise les plus vulnérables abdique sa responsabilité morale et politique.

 

Iv. Décadence Judiciaire : La Justice Dévoyée

 

La justice est la clef de voûte de l’État de droit. Elle doit être indépendante, impartiale et rigoureuse. Lorsqu’elle est perçue comme instrumentalisée, c’est la confiance citoyenne qui s’effondre.

Sous couvert de reddition des comptes, une dérive inquiétante s’installe.

– Des incarcérations précipitées sur la base de dossiers  inconsistants ;

– Des détentions prolongées suivies de relaxes, révélant des failles graves dans la procédure ;

– La non-application des conclusions des Assises de la Justice.

 

La justice ne peut être un levier politique. Elle doit rester un rempart contre l’arbitraire.

 

  1. Décadence Diplomatique : L’effacement Du Sénégal

 

La diplomatie est l’expression extérieure de la solidité intérieure d’un État. Elle exige cohérence, constance et hauteur de vue.

-Sous tous les régimes précédents notre diplomatie brillait de mille lustres, le Sénégal, autrefois respecté pour son équilibre et sa voix singulière, semble aujourd’hui en retrait sur la scène internationale.

– Isolement diplomatique perceptible ;

– Raréfaction des visites de chefs d’État de premier plan ;

– Perte d’influence dans les grandes dynamiques internationales.

La posture adoptée face à certaines questions stratégiques majeures, notamment la candidature africaine à des postes de responsabilité internationale, révèle un manque de discernement préoccupant. L’illustration la plus frappante et la plus honteuse est l’hésitation ensuite le refus de soutenir à la candidature du Président Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations unies.

 

*La politique étrangère ne saurait être dictée par des considérations émotionnelles ; elle exige hauteur et lucidité. *

 

Vi. Décadence Institutionnelle : La Confusion Au Sommet

 

Les institutions sont le garant de la stabilité républicaine. Leur bon fonctionnement repose sur l’équilibre, la clarté des rôles et le respect des principes.

Aujourd’hui, ces repères sont brouillés.

– Des tensions visibles au sommet de l’exécutif ;

– Une Assemblée nationale réduite à un rôle de validation ;

– Une confusion des responsabilités qui fragilise la gouvernance.

– Une obsession indécente pour l’électio présidentielle de 2029 alors qu’on n’est meme pas encore mi-mandat, alors que la focalisation sur les préoccupation des sénégalais aurait du étre la supériorité.

– Au total aux crises financières, économiques et sociales le régime ajoute une crise institutionnelle dont on aurait pu se passer si ceux qui nous dirigent avaient une once de patriotisme.

 

*Lorsque l’architecture institutionnelle se fissure, c’est l’État lui-même qui vacille. *

 

Vii. Décadence Morale Et Intellectuelle : L’abaissement Du Débat Public

 

Au-delà des politiques publiques, une nation se définit aussi par la qualité de son débat, la tenue de ses élites et la hauteur de son discours collectif.

Ce que nous observons aujourd’hui est profondément préoccupant.

– Une chute manifeste du niveau du débat public ;

– La banalisation de l’invective et de l’insulte ;

– L’érection de la ruse et de la manipulation en mode de gouvernance.

 

Lorsque la parole publique se dégrade, c’est la conscience nationale qui s’appauvrit.

 

Notre Appel : Pour Une Alternative Démocratique Et Responsable

 

Face à cette situation, il ne suffit plus de constater ; il faut agir, structurer et proposer.

 

La Confédération pour la Démocratie et le Socialisme appelle :

– À l’unité de toutes les forces démocratiques et républicaines ;

– À une solidarité active avec tous les secteurs en lutte ;

– À une mobilisation pour les échéances locales, prélude à la reconquête nationale ;

– À la construction d’une alternative crédible, fondée sur la compétence, la rigueur et l’éthique ;

– À la préparation méthodique des échéances législatives et présidentielles.

 

Nous le disons avec clarté :

les responsabilités au sommet de l’État sont indivisibles, et la trajectoire actuelle appelle une réponse politique globale et cohérente.

 

Mesdames, Messieurs les journalistes,

 

Le Sénégal est une nation d’histoire, de dignité et d’espérance. Il a traversé des épreuves, surmonté des crises, et toujours su se relever par la force de son peuple et la qualité de ses institutions. Mais aujourd’hui, le danger est plus insidieux ; ce n’est pas une crise brutale, c’est une érosion continue ; ce n’est pas un effondrement soudain, c’est une lente dégradation ; ce n’est pas un accident, c’est une trajectoire, une descente progressive dans l’enfer !!

Et face à une trajectoire de décadence, l’inaction serait une faute, le silence une complicité.

 

Nous refusons cette fatalité.

 

Nous refusons que le Sénégal renonce à son rang, abdique ses ambitions, et dilapide ses acquis.

Nous refusons que l’avenir de nos enfants soit hypothéqué par l’improvisation et l’aveuglement.

 

C’est pourquoi nous appelons, avec solennité et détermination, à un sursaut national.

 

Un sursaut des consciences.

Un sursaut des forces démocratiques.

Un sursaut de la République.

 

Le Sénégal mérite l’excellence, mérite la stabilité, mérite la grandeur.

Et cette grandeur, nous avons le devoir, ensemble, de la restaurer.

 

Je vous remercie de votre attention et reste à votre disposition pour répondre à vos questions.

Dakar, le 02 avril 2026

 Pour la Conférence des Leaders de la CDS

Le Coordonnateur

Nicolas Ndiaye, SG de la LD.

Dieyna SENE
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