Le conflit au Moyen-Orient pourrait provoquer le plus fort ralentissement économique mondial depuis la pandémie de COVID-19. Face à cette situation, le Groupe de la Banque mondiale annonce sa disponibilité à mobiliser jusqu’à 100 milliards de dollars pour soutenir les pays les plus affectés.
L’économie mondiale traverse une nouvelle zone de turbulences. Dans ses Perspectives économiques mondiales publiées le 11 juin 2026, le Groupe de la Banque mondiale prévoit un ralentissement marqué de la croissance mondiale, qui devrait passer de 2,9 % en 2025 à seulement 2,5 % en 2026.
Selon l’institution financière internationale, la dégradation de la conjoncture est principalement liée au conflit au Moyen-Orient, dont les conséquences se répercutent sur les marchés énergétiques mondiaux, les chaînes d’approvisionnement et les conditions financières internationales.
La Banque mondiale souligne que les prévisions de croissance ont été abaissées pour près des deux tiers des économies de la planète. Même si une reprise à 2,8 % est attendue en 2027, le rythme restera inférieur à celui observé au cours de la décennie précédente.
Une envolée des prix de l’énergie
La fermeture du détroit d’Ormuz a fortement perturbé les échanges pétroliers mondiaux. Selon les projections de la Banque mondiale, le prix moyen du baril de Brent devrait atteindre 94 dollars en 2026, soit une hausse de 36 % par rapport à l’année précédente.
Cette augmentation des prix de l’énergie entraîne également une flambée du coût des engrais, avec des répercussions directes sur les prix alimentaires à travers le monde. L’inflation mondiale devrait ainsi remonter à 4 % en 2026 contre 3,3 % en 2025.
Les risques demeurent particulièrement élevés. En cas d’aggravation des perturbations énergétiques ou de tensions financières plus importantes, la croissance mondiale pourrait chuter à seulement 1,3 % tandis que l’inflation atteindrait 4,4 %.
Les pays en développement en première ligne
La Banque mondiale estime que les économies en développement seront parmi les plus exposées. Leur croissance devrait reculer de 4,4 % en 2025 à 3,6 % en 2026, soit le niveau le plus faible observé depuis la fin de la pandémie.
Les pays du Golfe directement concernés par le conflit devraient enregistrer les pertes les plus importantes, avec une croissance proche de zéro cette année avant un éventuel rebond à partir de 2027 grâce à la reprise des échanges commerciaux et aux efforts de reconstruction.
Dans ce contexte, le président du Groupe de la Banque mondiale, Ajay Banga, affirme que les pays en développement sont confrontés à une succession de chocs économiques depuis une décennie. Il souligne que l’institution est prête à fournir des liquidités immédiates et à renforcer son appui si la situation venait à se détériorer davantage.
Une enveloppe pouvant atteindre 100 milliards de dollars
Pour faire face aux conséquences du conflit, le Groupe de la Banque mondiale annonce la mobilisation immédiate de 50 à 60 milliards de dollars à travers différents instruments financiers existants. Une partie de ces ressources est déjà disponible pour soutenir les programmes sociaux, renforcer les capacités budgétaires des États et aider les entreprises confrontées à des difficultés de trésorerie.
Plus de trente pays collaborent actuellement avec l’institution dans le cadre de ce dispositif d’urgence. Si la crise devait se prolonger, le volume total des financements pourrait atteindre entre 80 et 100 milliards de dollars sur quinze mois.
Dette et dépendance aux matières premières au cœur des inquiétudes
Le rapport consacre également une large place aux défis budgétaires auxquels sont confrontées les économies en développement. La Banque mondiale souligne que les pays exportateurs de matières premières restent particulièrement vulnérables aux fluctuations des cours internationaux.
Elle constate également une forte progression de l’endettement public. Depuis 2010, la dette publique moyenne des économies en développement est passée de moins de 40 % à plus de 70 % du PIB.
Pour l’institution, l’amélioration de la mobilisation des recettes intérieures, la diversification économique et une gestion plus prudente de l’endettement apparaissent comme des conditions indispensables pour renforcer la résilience des pays face aux crises futures.

