Le président du groupe parlementaire PASTEF critique sévèrement la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies, évoquant un déficit de crédibilité et d’expérience.
La candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies suscite de vives réactions au Sénégal. Interrogé par RTS, Mohamed Ayib Daffé, président du groupe parlementaire PASTEF, a exprimé une opposition frontale à cette ambition internationale.
Sans détour, le parlementaire estime que l’ancien chef de l’État « n’a pas la carrure ni les qualités requises » pour diriger une institution de cette envergure. Il met en cause le bilan de gouvernance de Macky Sall, qu’il qualifie de « catastrophique », notamment en raison des tensions politiques et des violences enregistrées durant les dernières années de son mandat.
Selon Mohamed Ayib Daffé, ce passif constitue un handicap majeur pour prétendre à une fonction qui exige une crédibilité forte en matière de paix, de gouvernance et de respect des droits humains. Il souligne également un manque d’expérience dans les arcanes du système onusien ainsi qu’une autonomie jugée insuffisante vis-à-vis de certaines puissances internationales.
Le député critique en outre la démarche ayant conduit à la présentation de cette candidature, estimant qu’un postulant à un tel poste devrait d’abord obtenir l’aval de son pays. Le fait que l’initiative ait été portée à l’extérieur du Sénégal affaiblirait, selon lui, sa légitimité diplomatique.
Sur un autre registre, Mohamed Ayib Daffé considère comme « dépassé » le débat sur l’abrogation de la loi d’amnistie, rappelant que le Conseil constitutionnel s’est déjà prononcé sur son interprétation. Il insiste désormais sur la nécessité de laisser la justice suivre son cours concernant les événements survenus entre 2021 et 2024.
Évoquant une éventuelle procédure judiciaire, il indique que l’Assemblée nationale pourrait être saisie conformément aux mécanismes institutionnels, notamment via la Haute Cour de justice. Il appelle enfin l’ancien président à s’expliquer devant les Sénégalais, dans un contexte marqué par une forte demande de transparence.

