L’arnaque aux fausses factures attribuées à Orange suscite de nouvelles interrogations au Sénégal. Boubacar Sèye alerte sur la précision des informations dont disposeraient certains escrocs pour cibler leurs victimes et demande aux autorités compétentes de faire la lumière sur l’origine de ces données.
Le procédé dénoncé consiste, selon lui, à contacter des clients à partir de numéros appartenant à d’autres opérateurs, en se présentant comme des interlocuteurs chargés de réclamer le règlement de prétendues factures impayées. Mais au-delà de la tentative d’escroquerie, Boubacar Sèye estime que la capacité des fraudeurs à connaître le nom de leurs cibles, leur statut de client Orange et parfois certaines informations liées à leur facturation soulève une question plus préoccupante : comment ces données arrivent-elles entre leurs mains ?
L’intéressé précise toutefois qu’aucun élément ne permet, à ce stade, d’accuser Sonatel-Orange d’être à l’origine d’une éventuelle fuite ou d’impliquer l’un de ses employés. Il estime néanmoins que cette absence de preuve ne doit pas empêcher l’ouverture de vérifications.
Plusieurs hypothèses pourraient, selon lui, être examinées : compromission ou fuite de données, accès non autorisé à des fichiers clients, utilisation abusive d’informations, vulnérabilité chez un prestataire ou un sous-traitant, croisement de données provenant de différentes sources ou encore recours à des techniques d’ingénierie sociale.
Dans ce contexte, il appelle Sonatel-Orange à aller au-delà des campagnes de sensibilisation destinées aux clients et à renforcer la transparence sur les mécanismes de protection des données personnelles. Il estime que l’opérateur doit, dans la mesure du possible, communiquer sur les dispositifs mis en place pour prévenir et détecter les accès frauduleux aux informations de ses clients.
La Commission de protection des données personnelles (CDP) est également interpellée. Boubacar Sèye souhaite que l’institution puisse, dans le cadre de ses prérogatives, examiner les éventuels signalements, évaluer les mécanismes de protection et identifier d’éventuelles vulnérabilités.
Le ministère de l’Intérieur est, lui aussi, appelé à s’intéresser au phénomène. L’objectif serait notamment de déterminer comment les réseaux d’escroquerie obtiennent les informations leur permettant de cibler leurs victimes, d’identifier les auteurs et de remonter la chaîne jusqu’à la source des données utilisées.
Pour Boubacar Sèye, la vigilance des citoyens demeure nécessaire, mais elle ne saurait constituer l’unique moyen de défense. Il plaide ainsi pour une collaboration entre Sonatel-Orange, la CDP et les services compétents de l’État afin de faire toute la lumière sur ces pratiques.
La démarche se veut, précise-t-il, une « alerte citoyenne » et non une accusation. L’enjeu est de préserver la confiance des clients et de mieux protéger leurs données personnelles contre les réseaux d’escroquerie.

