La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a engagé une nouvelle étape dans le processus de révision de sa politique agricole commune, l’ECOWAP. Une réunion technique virtuelle consacrée à l’examen de l’état d’avancement des principaux documents de cette réforme s’est ouverte mardi 25 août 2026, avec la participation de plus de 80 experts et représentants des différentes parties prenantes.
Cette rencontre vise notamment à examiner les documents essentiels du processus de révision, parmi lesquels le rapport de bilan et les priorités envisagées pour la prochaine décennie. Ces travaux prennent en compte les contributions complémentaires recueillies auprès des différents acteurs à la suite de la réunion tenue à Banjul, en Gambie, en juin dernier.
Pour le représentant du ministère sénégalais de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Ousman Sylla, dont le pays assure actuellement la présidence en exercice de la CEDEAO, cette révision doit permettre de donner un nouvel élan à l’ECOWAP. Il estime que la future politique agricole commune devra apporter des réponses adaptées aux principaux défis auxquels la région reste confrontée, notamment l’insécurité alimentaire, les changements climatiques, la faiblesse des échanges régionaux, l’insuffisance de la transformation locale et les difficultés d’accès au financement.
Ousman Sylla a également plaidé pour une politique davantage alignée sur les ambitions de la Déclaration de Kampala, du Programme détaillé pour le développement de l’agriculture en Afrique (PDDAA) 2026-2035 et de la Vision 2050 de la CEDEAO. Il a insisté sur la nécessité d’accorder une attention particulière aux producteurs, aux femmes et aux jeunes.
Les discussions devront, selon lui, déboucher sur des orientations consensuelles, ambitieuses mais réalistes, capables de favoriser la construction de systèmes agroalimentaires plus résilients, inclusifs et performants. La gouvernance, le financement, la coordination entre les niveaux national et régional, le suivi-évaluation et la redevabilité figurent également parmi les domaines identifiés comme prioritaires.
De son côté, la directrice par intérim de l’Agriculture et du Développement rural de la Commission de la CEDEAO, Fatmata Seiwoh, s’est félicitée de la participation d’un représentant de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Elle a annoncé son intention de favoriser également la participation du Conseil de l’Entente et de l’Union du fleuve Mano aux prochaines rencontres.
Selon elle, l’implication de ces différentes institutions, qui regroupent plusieurs États membres de la CEDEAO, doit contribuer à rendre le processus de révision plus inclusif. Elle a invité les participants, parmi lesquels des points focaux nationaux, des experts techniques, des représentants des parties prenantes, des membres de la Commission de la CEDEAO et des consultants régionaux, à formuler des recommandations pertinentes.
Ces recommandations doivent être soumises à la réunion ministérielle virtuelle prévue le 27 août 2026. Les ministres de l’Agriculture des États membres devront notamment examiner les résultats du processus régional de révision, le projet de rapport de bilan, les perspectives pour les dix prochaines années ainsi que les axes stratégiques proposés pour la future politique agricole commune.
Adoptée en janvier 2005 à Accra, au Ghana, l’ECOWAP constitue le cadre stratégique régional de référence pour le développement agricole, la sécurité alimentaire et nutritionnelle et la contribution de l’agriculture au développement économique et social durable de l’Afrique de l’Ouest.
Alors que son cycle de mise en œuvre 2015-2025 est arrivé à son terme, la CEDEAO souhaite désormais repositionner cette politique à l’horizon 2035. La nouvelle approche devrait placer les producteurs au cœur de la politique agricole, tout en renforçant la place des femmes et des jeunes. La digitalisation de l’agriculture et l’amélioration de la commercialisation des produits agricoles devraient également occuper une place importante dans cette nouvelle orientation.
Le processus de révision s’inscrit ainsi dans une volonté de moderniser et de renforcer les politiques agricoles régionales face aux défis économiques, climatiques et alimentaires. Les travaux techniques se poursuivront avant l’examen des propositions par les ministres de l’Agriculture, rapporte le communiqué de la CEDEAO.

