Affaire Softcare : le député Papa Tahirou Sarr dénonce des incohérences du dossier et évoque l’utilisation effective de matières périmées

Sortant de sa réserve au lendemain de la conférence du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, le député Papa Tahirou Sarr, membre de la Commission Santé et de la Mission d’information parlementaire sur l’affaire Softcare, dénonce de « graves incohérences » dans la gestion du dossier. Il appelle à plus de transparence et réclame la comparution du ministre devant la représentation nationale.

Le député Papa Tahirou Sarr a vivement critiqué la gestion de l’affaire Softcare, évoquant de nombreuses zones d’ombre et des incohérences dans les explications fournies par les autorités sanitaires. Selon le quotidien Libération, le parlementaire s’est exprimé au lendemain d’une conférence de presse organisée par le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique.

En sa qualité de membre de la Commission Santé de l’Assemblée nationale et de la Mission d’information parlementaire chargée d’examiner cette affaire, il déplore notamment le refus du ministre de la Santé de répondre à l’audition parlementaire.

« Je déplore solennellement le refus du ministre de répondre à la Mission d’information parlementaire, préférant s’exprimer dans les médias plutôt que devant la représentation nationale », a-t-il déclaré, estimant qu’il s’agit d’un manquement au devoir de redevabilité envers l’Assemblée nationale.

Le député s’interroge également sur plusieurs aspects techniques du dossier. D’après lui, des pharmaciens inspecteurs assermentés ont découvert environ 1300 kilogrammes de matières premières périmées sur le site de production de l’entreprise. Ces constatations auraient été effectuées conformément à la loi n°2023-06 du 13 juin 2023, en présence de la gendarmerie nationale, et consignées dans des rapports officiels ayant conduit initialement à une suspension de la commercialisation des produits.

Pour Papa Tahirou Sarr, la levée de cette suspension soulève des interrogations. Il estime que la cellule de communication de l’Autorité de régulation pharmaceutique (ARP) a contredit les constats des inspecteurs sans fournir de contre-expertise scientifique publique. « Aucun inspecteur ne fait partie du comité ad hoc chargé de l’évaluation. Comment ce comité peut-il juger leur travail scientifique ? », s’est-il interrogé.

Le parlementaire évoque également la présence prolongée de matières périmées dans l’usine. « La fiche de stock montre bien l’utilisation de matières périmées après expiration », affirme-t-il, se demandant pourquoi près de 1300 kg de produits périmés ont été conservés plus d’un an dans l’établissement.

Autre point soulevé : les analyses annoncées en Allemagne. Selon lui, aucun rapport officiel n’a encore été publié ni aucune traçabilité des échantillons rendue publique. Pour Papa Tahirou Sarr, ces analyses réalisées par l’entreprise elle-même ne peuvent être considérées comme impartiales.

Face à ces interrogations, le député appelle à plusieurs mesures : la comparution du ministre de la Santé devant la Mission d’information parlementaire, la publication des rapports techniques et des analyses effectuées à l’étranger, ainsi qu’un audit indépendant sur la gestion de l’Autorité de régulation pharmaceutique.

Il invite également les citoyens à la prudence, estimant qu’un principe de précaution devrait s’appliquer concernant les produits Softcare, rapporte encore le quotidien Libération.

Oumou Khaïry NDIAYE
Up Next

Related Posts