Le Pool judiciaire financier (PJF) poursuit l’exploitation du rapport 2025 de la Cour des comptes consacré à la gestion des finances publiques entre 2019 et mars 2024. Dans ce cadre, le Parquet financier a saisi la Division des investigations criminelles (DIC) pour identifier les bénéficiaires réels de 36 entreprises citées dans les conclusions de l’audit.
Selon le quotidien Libération, les enquêteurs ont également été chargés de vérifier d’éventuelles modifications intervenues dans les statuts de certaines de ces sociétés. Il s’agit notamment de déterminer si des changements auraient pu être opérés pour dissimuler la véritable propriété des entreprises ou entraver les investigations.
D’après cette source, la liste transmise à la DIC au début du mois d’août comprend plusieurs sociétés ainsi que des personnalités connues du milieu des affaires à Dakar. Le journal précise toutefois que les personnes citées dans le cadre de ces vérifications bénéficient de la présomption d’innocence et qu’aucune charge ne pèse sur elles à ce stade.
Parmi les entités concernées figure Bamba Ndiaye SA. La SCI Fara, liée à Cheikh Seck, responsable de la Fédération sénégalaise de football (FSF), serait également mentionnée dans le cadre d’un marché évalué à 3 milliards de francs CFA.
Toujours selon Libération, rapporte emedia.sn, Lavie Commercial Brookers figure également dans les éléments transmis aux enquêteurs. Cette société est présentée comme étant au cœur du dossier controversé relatif à un marché d’armement de 45 milliards de francs CFA. Envol immobilier, promoteur des sphères ministérielles, serait également concerné.
Le quotidien indique par ailleurs qu’un ancien consul honoraire du Sénégal à Tel-Aviv figure dans la liste communiquée à la DIC. Deux cabinets d’avocats sénégalais réputés seraient également concernés par les vérifications.
Cette nouvelle démarche du PJF intervient dans le prolongement de l’exploitation judiciaire du rapport de la Cour des comptes. Les investigations doivent notamment permettre de déterminer les éventuels bénéficiaires effectifs de certaines structures et de vérifier la régularité des opérations relevées par les auditeurs.

