LFR 2026 : baisse des recettes et hausse des charges énergétiques, les raisons des arbitrages de l’État

Le gouvernement assume le report d’une partie des investissements prévus au budget 2026. Lors de sa prise de parole consacrée au projet de loi de finances rectificative (LFR), le Premier ministre, Ahmadou Alhaminou Mohamed Lô, a justifié ces arbitrages par la baisse des recettes attendues, la hausse des dépenses énergétiques et les difficultés de mobilisation des financements extérieurs.

Selon les informations publiées par lesolril.sn, le chef du gouvernement a expliqué que les prévisions budgétaires initiales avaient été bouleversées par l’évolution de la conjoncture économique et les nouvelles contraintes pesant sur les finances publiques. La LFR doit ainsi permettre de réajuster les dépenses et les recettes aux réalités constatées au cours de l’exercice.

« La loi de finances rectificative est une nécessité objective. Les équilibres ont été modifiés ; il faut donc les changer », a déclaré le Premier ministre, pour expliquer la nécessité de revoir les prévisions initiales.

Trois contraintes majeures ont été mises en avant : une baisse des recettes de 340 milliards de francs CFA, une augmentation de 540 milliards des charges et des besoins supplémentaires, notamment liés aux subventions énergétiques et au renforcement des moyens des forces de défense et de sécurité. À cela s’ajoute la nécessité de contenir un déficit élevé dans un contexte de financement difficile.

Des investissements différés plutôt qu’abandonnés

Face à ces pressions, l’exécutif affirme avoir privilégié le maintien des dépenses jugées essentielles, notamment les salaires, les missions fondamentales de l’État, la sécurité et la protection sociale. Les ajustements portent donc sur des investissements dont les conditions d’exécution ne seraient pas réunies avant la fin de l’année.

Le projet de LFR prévoit une baisse de 555 milliards de francs CFA des crédits d’investissement. Le Premier ministre soutient toutefois qu’une partie des projets concernés n’est pas abandonnée, mais simplement reportée à l’année suivante.

« Je veux être clair : il s’agit, pour une partie, d’investissements différés à l’année prochaine », a-t-il expliqué. Selon lui, maintenir des crédits pour des projets qui ne peuvent être exécutés dans les délais ne constitue pas nécessairement la meilleure utilisation des ressources publiques.

Le chef du gouvernement a notamment cité les projets concernant les infrastructures hospitalières, l’accès à l’eau et les forages. L’objectif, a-t-il indiqué, est de reporter les crédits associés aux opérations qui ne peuvent être réalisées à temps afin de permettre le financement d’autres dépenses susceptibles d’être exécutées.

Ces arbitrages traduisent la volonté du gouvernement d’adapter le calendrier des investissements aux capacités réelles d’exécution et aux ressources disponibles. Ils interviennent dans un contexte où l’augmentation des charges énergétiques et la baisse des recettes attendues réduisent les marges de manœuvre budgétaires de l’État.

Pape Ismaïla CAMARA
Up Next

Related Posts