L’Association Touba Taxawu Xam-Xam a organisé, jeudi 24 septembre 2026 à la Mosquée Massalikoul Djinane, une journée de réflexion consacrée à l’histoire et à l’enseignement du Wolof au Sénégal. Les échanges ont porté notamment sur la place des langues nationales dans le développement et les enjeux liés au numérique et à l’intelligence artificielle.
Dans un contexte marqué par les débats autour du souverainisme, l’Association Touba Taxawu Xam-Xam entend replacer la langue nationale au centre des politiques de développement. Sa journée de réflexion, organisée à Massalikoul Djinane autour du thème « L’histoire et l’enseignement de la langue Wolof au Sénégal », a réuni notamment le ministre de l’Éducation nationale et plusieurs organisations associatives.
Les discussions ont porté sur la nécessité de renforcer l’utilisation du Wolof dans les différents domaines de la vie nationale. Selon les intervenants, les pays ayant connu une croissance soutenue ces dernières décennies se sont appuyés sur leurs propres langues pour accompagner leur développement.
L’association a salué les efforts déjà consentis par l’État du Sénégal, tout en estimant que les défis liés à l’acquisition de nouvelles connaissances et aux avancées technologiques constituent encore des obstacles linguistiques et d’accès. « Il a été démontré que toutes les grandes nations qui se sont développées l’ont fait à partir de leurs propres langues », a déclaré Abdoul Aziz Mbacké, membre de Touba Taxawu Xam-Xam, appelant à intensifier et accélérer les efforts avec les forces vives de la nation.
Le pari du Wolof dans l’intelligence artificielle
La rencontre a également servi de cadre à la présentation du projet « Wolof IA », une initiative destinée à promouvoir le Wolof et les autres langues nationales dans le domaine de l’intelligence artificielle.
« Les ChatGPT peuvent s’exprimer en Wolof mais restent imparfaits. Notre projet vise à parfaire cela », a expliqué Abdoul Aziz Mbacké, qui a insisté sur la nécessité de mobiliser les ressources humaines et financières nécessaires à cette ambition.
Pour Touba Taxawu Xam-Xam, l’enjeu dépasse ainsi la seule question linguistique. Il s’agit de faire de la langue un levier de souveraineté, de développement et d’inclusion numérique.
Correspondance particulière de
Papa S Traoré

