La tension monte dans plusieurs localités du monde rural autour du projet Flex’Eau. Des populations des arrondissements de Nguéniène et Katakel contestent la suspension de leurs installations hydrauliques autonomes et réclament des explications sur les modalités du projet porté par les autorités.
Dans un article consacré à cette affaire, Tribune rapporte que les populations de plusieurs communes, notamment Nguéniène, Ndiafate et Keur Socé, avaient financé sur leurs propres ressources des puits et des branchements afin d’améliorer leur accès à l’eau.
La situation aurait pris une nouvelle tournure avec l’intervention du sous-préfet de Nguéniène, accompagné de la gendarmerie de Kaolack, pour ordonner et procéder à la suspension de certains raccordements civils.
Cette décision provoque l’indignation du mouvement Aar Sunu Momel. Son président, Bassirou Bâ, estime que les initiatives locales auraient plutôt dû être accompagnées par les pouvoirs publics.
« Au lieu d’encadrer ou de sensibiliser, l’État n’a trouvé rien de mieux que de couper nos accès », dénonce-t-il, selon les propos rapportés par Tribune. Il interpelle directement le président de la République et le ministre de l’Hydraulique afin qu’ils reconsidèrent la démarche engagée.
La contestation dépasse désormais le seul cadre de Nguéniène. Tribune rapporte qu’une coalition regroupant 160 chefs de village et cinq communes de l’arrondissement de Katakel s’est structurée. L’ensemble représente une population estimée à 154 550 habitants.
Une manifestation d’envergure nationale avait été envisagée pour le 15 septembre, avant d’être temporairement mise en attente. Mais les responsables du mouvement maintiennent la pression et annoncent des actions de protestation à partir de vendredi pour tenter de s’opposer à l’interruption des services.
Au cœur de la contestation figure également la demande de transparence sur le projet Flex’Eau. Bassirou Bâ réclame notamment la publication des contours du contrat conclu avec les prestataires ainsi que des informations sur ses implications financières.
« Ne touchez pas à nos robinets. Nous ferons face », prévient le responsable d’Aar Sunu Momel, cité par Tribune.
Les populations mobilisées estiment défendre à la fois leur accès à l’eau potable et les investissements consentis localement pour répondre aux besoins des communautés. Elles disent se préparer à poursuivre la mobilisation si les mesures de suspension sont maintenues.
La situation reste donc sous tension dans les zones concernées, où la question de l’accès à l’eau se trouve désormais au centre d’un bras de fer entre les populations locales et les autorités autour du projet Flex’Eau.

