Dire que le Plan de Traitement de la Dette du Sénégal (PTDS) et l’accord avec le FMI visent à sauver les banques de l’UMOA et le FCFA au détriment du peuple sénégalais est une lecture réductrice.
Certes, maintenir la dette en FCFA hors du champ annoncé du PTDS protège les banques régionales qui détiennent des titres sénégalais. Mais protéger le système bancaire, c’est aussi protéger l’économie et les populations. Une restructuration brutale des BAT et OAT pourrait fragiliser les banques, réduire le crédit aux entreprises et aux ménages, freiner l’investissement, aggraver le chômage et augmenter la pauvreté.
Il faut aussi rappeler un fait souvent oublié : c’est précisément le système du FCFA, que certains économistes populistes et tenants d’un souverainisme économique utopique n’ont cessé de dénoncer, qui a permis à l’État sénégalais de continuer à se financer lorsque les marchés internationaux lui étaient pratiquement fermés. Grâce au marché financier intégré de l’UMOA et à la mobilisation de l’épargne régionale, le Sénégal a pu lever des milliers de milliards de FCFA.
Il ne faut donc pas opposer artificiellement les banques au peuple. L’enjeu est de répartir équitablement l’effort entre l’État et les différentes catégories de créanciers.
Déstabiliser les banques de l’UMOA ne protégerait pas le peuple sénégalais : cela ajouterait une crise bancaire à la crise de la dette.
Pr Amath Ndiaye
FASEG-UCAD
