Les candidatures au poste de Secrétaire général des Nations unies franchissent une étape déterminante. Selon EnQuête, les quinze membres du Conseil de sécurité se réunissent ce jeudi 30 juillet à huis clos pour le premier « straw poll », un vote confidentiel destiné à mesurer le niveau réel de soutien dont disposent les sept prétendants à la succession d’António Guterres. Bien que dépourvu de portée juridique, ce mécanisme est considéré par les observateurs comme l’un des moments les plus décisifs du processus de sélection, souligne EnQuête.
Le principe est relativement simple. Chaque ambassadeur doit indiquer pour chaque candidat l’une des trois appréciations possibles : « Encourage », « Discourage » ou « No opinion ». Lors des premiers tours, les bulletins restent anonymes. En revanche, les scrutins suivants distinguent les votes des cinq membres permanents — Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni et Russie — permettant ainsi d’identifier l’éventuelle opposition d’une grande puissance. Comme le rappelle EnQuête, un seul vote négatif d’un membre permanent équivaut, dans la pratique, à un veto qui compromet sérieusement les chances du candidat concerné.
Pour être finalement recommandé à l’Assemblée générale, le futur Secrétaire général devra réunir au moins neuf suffrages favorables sans objection d’aucun membre permanent. La personnalité retenue prendra ses fonctions le 1er janvier 2027, dans un contexte particulièrement complexe marqué par une crise financière persistante de l’ONU et par de multiples tensions internationales.
Le débat public organisé le 23 juillet dernier avait permis aux différents candidats de présenter leurs priorités. L’ancien président sénégalais Macky Sall y a défendu sa vision d’une ONU davantage réformée, plus performante et tournée vers la transformation numérique et l’intelligence artificielle.
Face à lui figurent notamment Rafael Grossi, souvent présenté parmi les favoris, Rebeca Grynspan, Carolyn Rodrigues-Birkett, Michelle Bachelet, María Fernanda Espinosa ainsi que Olara Otunnu, dernier candidat déclaré et considéré par certains analystes comme moins exposé au risque d’un veto.
Selon EnQuête, aucun favori ne se détache encore clairement. Les différents tours du straw poll permettront progressivement de révéler les véritables rapports de force au sein du Conseil de sécurité avant le choix définitif du futur chef de l’Organisation des Nations unies.

