La communauté mouride commémore ce dimanche 5 juillet le Magal de Darou Khoudoss, un rendez-vous religieux dédié à Cheikh Modou Moustapha Mbacké, premier Khalife général de Cheikh Ahmadou Bamba. Selon le quotidien Tribune, cette célébration rend hommage à une figure majeure qui a marqué durablement l’organisation et le développement de la confrérie mouride.
Le Magal de Darou Khoudoss constitue l’un des grands moments de recueillement du calendrier mouride. Cette commémoration met à l’honneur Cheikh Modou Moustapha Mbacké, fils aîné de Cheikh Ahmadou Bamba et premier Khalife général de la confrérie après le rappel à Dieu du fondateur du mouridisme en 1927.
D’après le quotidien Tribune, le guide religieux est unanimement reconnu pour son érudition, sa piété et sa fidélité aux enseignements de Serigne Touba. Très tôt formé auprès de Mame Thierno Birahim Mbacké, il bénéficia d’une solide instruction religieuse et d’une profonde initiation spirituelle durant les années d’exil de son père en Mauritanie.
Son accession au khalifat intervient dans un contexte particulièrement délicat. Il lui revient alors d’assurer la continuité de l’œuvre de Cheikh Ahmadou Bamba, de préserver l’unité de la confrérie et de conduire les grands projets légués par le fondateur.
Parmi ses réalisations majeures figure le lancement des travaux de la Grande Mosquée de Touba, dont il posa les fondations avant son décès en 1945. L’édifice sera inauguré en 1963 sous le khalifat de Serigne Fallou Mbacké, devenant depuis le principal symbole du mouridisme.
Le premier Khalife est également présenté comme l’artisan de la structuration administrative et spirituelle de la confrérie. Son autorité, sa sagesse et son sens de l’organisation auraient permis de consolider les règles de fonctionnement du mouridisme dans une période marquée par l’administration coloniale française et les difficultés liées à la Seconde Guerre mondiale.
Selon le quotidien Tribune, Cheikh Modou Moustapha Mbacké était aussi réputé pour son humilité, son goût du travail et son engagement personnel dans les activités agricoles ainsi que dans plusieurs chantiers d’intérêt communautaire, notamment la construction de la ligne ferroviaire reliant Diourbel à Touba.
À travers le Magal de Darou Khoudoss, les fidèles rendent ainsi hommage à celui que beaucoup considèrent comme le « Khalife des temps difficiles », un guide spirituel dont l’action a largement contribué à asseoir les fondements institutionnels, religieux et sociaux de la confrérie mouride, aujourd’hui présente bien au-delà des frontières du Sénégal.

