Adoptée en 2010 pour corriger la sous-représentation des femmes dans les institutions électives, la loi sur la parité absolue homme-femme constitue une avancée majeure pour la démocratie sénégalaise. Mais seize ans après son adoption, les résultats restent encore en deçà des attentes.
La loi n°2010-11 du 28 mai 2010 portant instauration de la parité absolue homme-femme dans les institutions électives constitue l’une des réformes politiques majeures du Sénégal. Pourtant, seize ans après son adoption, les progrès restent encore limités, selon une analyse publiée par Sud Quotidien.
Adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale le 14 mai 2010, cette loi visait à corriger la sous-représentation des femmes dans les instances de décision. À l’époque, l’ancien ministre d’État et Garde des Sceaux, Me Amadou Sall, avait expliqué que l’objectif était d’assurer une égalité stricte entre hommes et femmes dans les candidatures aux fonctions électives.
Malgré certains progrès, les femmes demeurent encore largement minoritaires dans les postes de décision, notamment au niveau des exécutifs locaux.
Sur les 557 communes que compte le Sénégal, seules 18 sont dirigées par des femmes. La situation est encore plus limitée au niveau des départements, où trois conseils départementaux seulement sont présidés par des femmes : Tivaouane, Sédhiou et Koungheul.
Au niveau parlementaire, la représentation féminine a également connu une légère baisse. Alors que 73 femmes avaient été élues lors des législatives de 2022, elles ne sont plus que 68 à siéger à l’Assemblée nationale après les élections anticipées du 17 novembre 2024.
Malgré tout, le Sénégal reste relativement bien positionné sur la scène internationale. Selon le classement de l’Union interparlementaire publié en avril 2024, le pays occupe la 4e place en Afrique derrière le Rwanda, la Namibie et l’Afrique du Sud, et le 13e rang mondial en matière de représentation féminine dans les parlements.
Pour Sud Quotidien, ces chiffres traduisent néanmoins l’écart persistant entre les ambitions de la loi et la réalité de la participation politique des femmes. Si les textes existent, leur traduction concrète dans les institutions reste encore incomplète.

